Perte d’autonomie et hospitalisation d’urgence : Quand la prévention individualisée améliore les conditions de vie des séniors à domicile.

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Hôpital Henri Mondor Crédit photo : DR

Des chiffres sans équivoque. En 2022, 10% de la population française a plus de 75 ans. Une proportion qui continuera à augmenter, selon le Rapport Broussy “Nous vieillirons ensemble”. En 2050, la tranche d’âge des “85 ans et plus” aura augmenté de 88%. Face à ce constat, des solutions doivent être trouvées pour veiller sur la santé des plus fragiles. Un dispositif de télésurveillance médicale appelé Presage Care pourrait être l’une d’entre elles.

 

LES HOSPITALISATIONS : UN FACTEUR DE PERTE D’AUTONOMIE

 

Pour une personne senior fragile, une hospitalisation va déboucher sur une perte d’autonomie 1 fois sur 3 avec des complications sociales, logistiques, financières qui rendent très instable le parcours de soins et engendrent fréquemment l’abandon du domicile. Il s’agit donc de mettre en place une politique de prévention efficace des hospitalisations inutiles pour éviter une situation délétère pour le patient d’un côté, et l’encombrement des urgences de l’autre. Pour cela, l’outil de télésurveillance médicale Presage Care permet d’anticiper l’arrivée aux urgences des personnes âgées et surtout de les éviter. In fine, cette technologie permettra de désengorger les hôpitaux et de préserver l’autonomie des seniors. Le constat est simple. « Chaque année, deux millions d’’hospitalisations chez les seniors fragiles sont dénombrées. Paradoxalement, c’est 50% d’entre elles qui peuvent être évitées si on agit suffisamment tôt », explique Jacques-Henri Veyron, le créateur du logiciel Présage Care. « Il s’agit d’intervenir au bon moment avec le bon professionnel dans le parcours de soins d’une personne âgée ». C’est un moyen de communiquer les informations au personnel médical en temps utile – qui de plus, sont prédictives avec Présage – et de faciliter la prise en charge des patients en gériatrie. Pour prédire les risques d’hospitalisation, l’application utilise une intelligence artificielle qui analyse des réponses à une série de questions posées au patient. « Répondre au questionnaire ne dure que deux minutes et permet à l’algorithme d’analyser ces données. Une alerte peut ainsi être générée en cas de besoin et un plan de prévention est proposé », ajoute Jacques-Henri Veyron. Cette alerte est contrôlée par un acteur de coordination, un médecin ou une infirmière qui vérifie l’exactitude de l’information et prend une décision éclairée… Et les résultats sont significatifs. Début 2015, les équipes de la société travaillent sur l’algorithme avec l’aide d’un comité scientifique de médecins gériatres et d’experts pour proposer une version finale de l’application. « Les résultats étaient sans appel. Le nombre d’hospitalisations est multiplié par dix lorsque les alertes ne sont pas gérées. », souligne Fabrice Denis, cancérologue au centre Jean-Bernard du Mans, Président de l’Institut National de e-santé et membre du conseil scientifique de Presage Care. Le dispositif permet donc, grâce à une action ciblée, de désengorger à la fois les cabinets libéraux ainsi que les services hospitaliers.

 

SEULEMENT 1/3 DES CAS DEMANDENT UNE INTERVENTION MÉDICALE

 

Le processus est le suivant : l’acteur de coordination prononce une levée de doute avant de contacter le médecin traitant du patient. Grâce à l’outil de coordination, il vérifie le bien-fondé de l’alerte auprès d’un aidant. « Dans seulement 1/3 des cas, une intervention du médecin sera nécessaire. Dans les autres situations, des actions de prévention sont réalisées par téléphone, par des ateliers spécifiques (chute, risque de déshydratation, douleur…) ou via un dispositif de soutien du territoire », explique encore le fondateur de Presage Care. Depuis 2019, les équipes de la société travaillent sur l’algorithme avec l’aide d’un comité scientifique, composé de professeurs en gériatrie et en e-santé, d’experts en data science et de managers en gériatrie qui travaillent à une version de l’application toujours plus précise. Forte de son exactitude médicale, la solution a aiguisé l’intérêt de nombreuses régions. En Mayenne, l’application a été financée par la CPTS, l’ARS et le Conseil départemental. « Notre territoire est déjà très structuré autour de la prise en charge des séniors. Presage Care s’inscrit dans la continuité de notre logique de travail », précise Pascal Gendry, médecin généraliste et administrateur de la CPTS de Mayenne. « Cet outil démontre l’importance de la coordination locale. Nous collaborons avec des professionnels d’un même territoire autour d’une même patientèle. Cette cohésion a un impact positif sur le suivi du patient et la qualité du soin », témoigne Marie Vincent, infirmière parcours au sein de la CPTS de Mayenne.

 

UN LOGICIEL AUX MULTIPLES UTILISATIONS

 

En région parisienne, le GHU AP-HP Hôpitaux Universitaires Henri-Mondor a également opté pour Presage Care, après une première expérimentation positive avec les professionnels de la filière gériatrique et les Ehpad. Cette première utilisation de l’outil numérique a su montrer son utilité pour l’aide au diagnostic en situation critique et la prévention d’hospitalisations non nécessaires. Ce premier test a aussi témoigné de sa simplicité d’installation et d’utilisation, ainsi que son rôle de coordination à l’échelle d’un territoire, ce qui a incité le groupe hospitalier universitaire à étendre son déploiement pour en faire un outil privilégié de prévention. « En déployant cette application dans nos établissements, nous souhaitons consolider le travail déjà engagé pour réduire la durée des hospitalisations des personnes âgées. L’objectif est d’organiser un retour à domicile plus sécurisé afin de privilégier le maintien à domicile le plus possible. Dans le cas d’une hospitalisation, il est possible de la prévoir et de l’organiser au mieux grâce aux informations médicales et médicosociales en temps réel fournies par Présage », explique Edith Benmansour, directrice générale du GHU. Une utilisation du logiciel, que Edith Benmansour souhaite également développer, en accord avec les chefs de services concernés, pour mieux orienter les patients après un appel au SAMU. Et ce, en tenant compte des informations collectées par Presage à domicile qui seront ensuite réutilisées par le corps médical en lien avec le SAS et les CPTS du territoire. Cet outil promet une grande interopérabilité entre les différents services grâce à la sécurisation et la sureté des données collectées et utilisées.

 

UN LOGICIEL QUI RASSURE LES PATIENTS

Mais au-delà de l’objectif du désengorgement des hôpitaux, le logiciel influe aussi sur le moral des patients, des soignants et des proches qui ne supportent plus, à juste titre, ces situations d’attente aux urgences inadaptées pour les personnes âgées. « Cette nouvelle organisation devrait permettre aux personnes âgées, déjà anxieuses, d’être rapidement admises vers les services adaptés à leur état de santé et d’éviter de patienter parfois plusieurs heures sur des brancards. », précise la directrice. A ce jour, vingt-trois territoires sont équipés de l’outil, profitant à 4 700 personnes. Une présence nationale en pleine expansion, et dont les évaluations par les utilisateurs sont extrêmement positives. Ce dispositif numérique ne devrait pas tarder à s’exporter dans les autres pays. C’est aussi la preuve que de plus en plus de logiciels sont capables de s’intégrer et de communiquer efficacement avec le monde hospitalier, celui du domicile et des structures médico-sociales et sociales.

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