Penser le virage ambulatoire : le challenge des opérateurs de santé numérique

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Credit photo : Pavel Danilyuk - Pexels
Entreprise de télémédecine implantée à l’international et spécialisée dans l’accompagnement des établissements de santé, Teladoc Health s’attaque au virage ambulatoire en repensant les parcours, les outils et les pratiques distancielles au service des territoires en souffrance.

 

 

Parler de no man’s land médical est peu dire, à l’heure où les services d’urgences ferment et les petits territoires urbains comme les espaces ruraux se vident de leurs praticiens. Les parcours de soins s’étiolent dans des délais à rallonge et la qualité du suivi en pâtit. Notamment celle des problématiques de santé publique prioritaires, comme les maladies cardio- neuro vasculaires, le diabète, les cancers ou les pathologies psychiatriques. Pour répondre à cette problématique brûlante, les politiques publiques et sanitaires françaises s’engagent dans une nouvelle vision du système de santé, fondée sur l’ambulatoire en hospitalisation et l’exercice coordonné en médecine de ville.

 

Une organisation dans laquelle les médecins travaillent main dans la main avec les spécialistes et les praticiens paramédicaux. « On passe du “tout le monde aux urgences ou chez le médecin traitant” à une qualification du patient qui doit être faite impérativement avant l’arrivée aux urgences ou au cabinet. Il ne suffit pas de le dire, il faut trouver également un modèle économique viable qui s’intègre à l’écologie complexe du médical et former aux bonnes pratiques les médecins et le public. C’est un parcours de longue haleine. », explique Jean-Pascal Piermé, Vice-président de Teladoc Health France.

 

La filiale française apporte sa pierre à l’édifice, en proposant un accompagnement comprenant le diagnostic territorial, le financement, l’implantation, la mise en place opérationnelle et l’accompagnement final. « La crise du temps médical nous oblige à trouver des solutions concrètes. On organise des parcours de soins réfléchis selon la spécialité et la problématique du territoire avec une réduction considérable de la durée du diagnostic pour les patients.

 

Nous créons du temps médical supplémentaire en ramenant nos propres médecins et en informant sur les bonnes pratiques médicales liées au numérique. La partie technologique est très simple à mettre en place, c’est la transformation des pratiques et la formation des professionnels qui représente un véritable challenge. », continue Jean-Pascal Piermé.

 

Pour ce faire, l’entreprise s’adresse aux organisations territoriales, aux CPTS comme aux établissements de santé et organismes privés afin de travailler à une nouvelle écologie médicale. Parmi leurs outils, une flotte de plus de quatre-vingts médecins partenaires (spécialistes, généralistes, professionnels du paramédical), des plateformes et des outils de coordination (médecine à distance, téléexpertise, handicap mental, formation des porteurs de risques), du matériel connecté ainsi que des guides de procédures sur la pratique de la télémédecine.

 

EXPÉRIMENTATION À AGDE DANS L’HÉRAULT AVEC LE PROJET PILOTE OASIS PORTÉ PAR GROUPAMA ASSURANCES MUTUELLES

 

Docteur en pharmacie, titulaire de son officine dans une ville de 30 000 habitants et élu au sein de l’assureur mutualiste Groupama Méditerranée, Samir Ouaziz alerte les pouvoirs publics depuis mars 2019. « De plus en plus de professionnels partent à la retraite. Notre territoire est de plus en plus tendu en termes d’accès aux soins de premier recours. Faisant partie de la commission nationale santé chez Groupama Assurances Mutuelles, nous travaillons entre autres sur les sujets d’accès aux soins alliés à l’innovation. Étant confronté à cette problématique sur notre territoire, Groupama Méditerranée s’est alors proposé de devenir pilote sur ce projet. », témoigne le docteur en pharmacie.

 

Après un état des lieux, les équipes sont allées chercher des médecins locaux afin d’intégrer le dispositif sans trop de succès. Les prémices d’une CPTS, aujourd’hui très active, sont sorties de terre pour fédérer autour d’un projet à moyen terme de centre pluridisciplinaire en cœur de ville pour développer de la télémédecine complémentaire. « Groupama Assurances Mutuelles a su s’entourer de partenaires comme Teladoc Health qui nous a fourni une plateforme et une interface pour les consultations. Des plages horaires ont été définies et un médecin de leur équipe est disponible sur ces dernières pour répondre aux besoins immédiats du territoire. La prise de rendez-vous se fait en ligne ou directement en officine. Cela nous permet de pratiquer un premier tri et éviter un rendez-vous médical pour un simple rhume. », précise Samir Ouaziz.

 

L’agglomération Hérault-Méditerranée a mis à disposition un local dans lequel est disposé un chariot de téléconsultation fourni par Hopi Médical et financé par Groupama Assurances Mutuelles. « Contrairement aux cabines de consultation « classiques », nous avons voulu fuir l’effet gadget et améliorer véritablement le parcours de soin du patient avec une solution hybride. Une caméra, un stéthoscope et un otoscope connectés sont disponibles et un assistant d’évaluation clinique compétent est présent durant toute la consultation pour superviser. », continue le docteur en pharmacie. Un projet qui a pour ambition de se transformer en véritable centre médical digital pluridisciplinaire. « Il faut développer le métier de médiateur santé. Cela existe déjà, mais ce n’est pas assez. Il faut utiliser la médiation pour accompagner en douceur les usagers vers ces nouvelles pratiques co-construites et intégrées dans leur territoire car la télémédecine, avec ses multiples applications (téléconsultation, téléexpertise, télésurveillance médicale, téléassistance médicale), est une des clés fondamentales de relance du système de santé actuel. Plus les usagers seront sensibilisés, plus nous pourrons développer ces initiatives, et rétablir une efficience et une qualité de soins. » partage Samir Ouaziz.

 

Des projets ambitieux qui disposent déjà des outils technologiques nécessaires à leur succès et ne demandent plus qu’une réelle organisation et la législation adéquate pour s’épanouir. « Nous avons aujourd’hui les briques technologiques nécessaires. Ce qu’il faut, c’est trouver localement les bons parcours et réfléchir, à échelle nationale, aux bonnes pratiques. L’idée pourra ensuite se développer aux filières tendues comme la cardiologie ou l’ophtalmologie avec un équilibre entre consultation de contrôle à distance et consultation annuelle en présentiel. Il y a beaucoup de possibilités, d’idées qui jaillissent et il faut impérativement que l’on soutienne les professionnels qui ont envie de faire avancer les choses. » conclut le docteur en pharmacie.

 

Carla Bernini

 

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