La pathologie numérique est-elle un passage obligé pour les laboratoires d’anatomopathologie ?

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Code crédit photo : DR

C’est un fait, la demande de diagnostics et la complexité des diagnostics augmentent. De même, le nombre de médecins pathologistes stagne. Par conséquent, ce secteur doit se réinventer pour améliorer son efficacité. Une optimisation du temps des pathologistes permise par la numérisation des lames et la digitalisation du travail d’interprétation.

 

Si le domaine de la pathologie numérique est bel et bien acté, son déploiement est une priorité pour les laboratoires. À l’Institut Curie, cela fait sept ans que les équipes (Paris et St Cloud) travaillent à l’implémentation de la pathologie numérique, c’est un projet qui a commencé par la numérisation des FISH (hybridation in situ en fluorescence). L’an dernier, les deux services de pathologie se sont équipés de scanners à lames en fond clair. Le but : généraliser la digitalisation du diagnostic. « Nous nous sommes d’abord concentrés sur la numérisation d’une seule activité, » explique Anne-Vincent Salomon, cheffe de département à l’Institut Curie. « Le but étant de familiariser doucement les équipes et de passer au tout numérique en octobre 2022. » Le scanner sélectionné par l’institut est l’Aperio GT 450 DX, un modèle commercialisé par Leica Biosystems, leader mondial dans la pathologie numérique. Le scanner dispose d’une technologie de chargement continu avec une capacité de chargement de 450 lames en verre par scanner à un débit de 81 lames par heure (format standardisé 15 x 15 mm). Ce dernier est piloté par un logiciel de gestion SAM qui permet de le configurer et de le surveiller à distance. La numérisation facilite la lecture et l’interprétation médicale. Mais pour absorber la totalité de la demande de diagnostique reçue par les laboratoires, les deux services de pathologie de l’Institut Curie vont devoir encore investir. « À Paris et à St Cloud, nous sommes respectivement à 850 et 600 lames produites chaque jour. À ce jour, il nous faut doubler le parc de scanners. Un budget d’achat est d’ailleurs prévu pour 2023. » indique encore Anne-Vincent Salomon.

 

UNE SÉCURITÉ RENFORCÉE POUR LA PATHOLOGIE NUMÉRIQUE

C’est la règle d’or : toutes les données des patients doivent rester confidentielles. Or les lames numérisées sont de formidables données médicales. Une protection renforcée donc est nécessaire pour sécuriser le partage et la consultation des images. « Notre solution scanner Aperio et son serveur dédié SAM inclut une offre de cybersécurité qui répondent aux exigences d’aujourd’hui. L’hébergement des données étant souvent externalisé, les établissements doivent s’assurer d’utiliser des VNA et Cloud qui y répondent de même. Afin de les aider, notre scanner est le premier au monde à fournir des images natives en DICOM et nous travaillons en étroites collaborations avec les sociétés de PACS, notamment avec la société Sectra AB avec laquelle nous avons des collaborations de développement depuis 2019. » explique Matthieu Guibourgé, Directeur Commercial chez Leica Biosystems.

 

SE FAIRE L’ÉCHO DES BESOINS DU TERRAIN, LA CONDITION SINE QUA NONE

Pour permettre au personnel médical de se familiariser avec la pathologie numérique, un échange avec les entreprises a été nécessaire. « Nous avons fait venir les fournisseurs à l’Institut Curie. Les équipes ont pu choisir leurs outils de travail les plus ergonomiques et intuitifs, » explique Anne-Vincent Salomon. Selon elle, « la pathologie numérique n’est un succès que s’il y a une cohésion totale de l’ensemble des professionnels. » Elle a continué à ajouter « la mission est une réussite si un véritable plus est apporté aux médecins pathologistes. Ce plus se situe dans la précision et la résolution de l’image. »

 

UN ATOUT PÉDAGOGIQUE

Le scanner Aperio GT 450 DX de Leica Biosystems possède aussi des atouts pédagogiques. « Les cas scannés peuvent être insérés dans un cours. Ils peuvent être utilisés pour de la formation ou encore visualisés en simultané pour une télé-expertise, » explique Anne-Vincent Salomon. Mais il existe aussi une contrainte, auquel les usagers et techniciens de l’appareil doivent faire face. Les équipes techniques doivent systématiquement repenser leurs gestes. Le but est de s’adapter aux nouvelles exigences des scanners. « La réelle nouveauté se trouve au niveau de la production des lames. On doit ajuster, par exemple, le placement des tissus et l’axe de la lame. Le but étant de gagner en surface scannée dans la machine, » décrypte Arnaud Gauthier Pathologiste Chirurgical, Responsable de la Pathologie Numérique et Pédiatrique au sein de l’Institut Curie. « On ne peut plus, avec le numérique, compenser les défauts d’une lame comme c’était le cas au microscope. Il faut d’emblée obtenir une qualité supérieure dès la coupe et jusqu’à la production de la lame numérique. » continue Arnaud Gauthier. « Pour obtenir une meilleure qualité des lames, le scanner Aperio GT 450 DX effectue un contrôle qualité de numérisation sur chaque image acquise. Cela optimise le travail de numérisation.

 

UN BUDGET À MAÎTRISER POUR LA NUMÉRISATION DES LAMES

Certes, la numérisation est une vraie opportunité pour l’optimisation du travail des pathologistes (toutes les lames rassemblées dans un dossier image du patient). Mais elle pose aussi la question du budget. « L’archivage est la partie la plus onéreuse de la pathologie numérique et leur politique ne peut être trop restrictive ; un cas patient peut être revue sur plusieurs semaines. Les laboratoires risquent de faire face à des coûts proches de ceux de la radiologie, » précise Matthieu Guibourgé. Conscientes de cet inconvénient, les équipes du fabricant de scanner Leica Biosystems ont dû réfléchir à une solution. « Nous avons travaillé à la diminution de la taille des fichiers. Le but étant qu’ils soient les plus petits possibles et permettent de diminuer les coûts, tout en garantissant une excellente qualité d’image pour les pathologistes et les besoins en IA comme les solutions de la société IBEX utilisées par l’Institut Curie, » explique-t-il encore. L’accessibilité économique de la pathologie numérique est donc un enjeu majeur. Dans le secteur public, les plateformes d’achat se mobilisent pour que tous les patients en France puissent bénéficier de la pathologie numérique. « Nous sommes particulièrement fiers d’avoir été récemment référencés chez UniHa pour le scanner Aperio GT 450 DX. Cela permettra d’accélérer le déploiement de la pathologie numérique. Nous sommes conscients du changement que cela implique pour les établissements et les accompagnons non seulement sur le travail d’optimisation de la qualité des lames, mais aussi sur l’intégration au sein de leur flux de travail dans les laboratoires et leur infrastructure IT. » souligne Matthieu Guibourge, Directeur commercial au sein de Leica Biosystems.

 

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