Au CHU de Rouen , des armoires intelligentes sécurisent les DMI

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Crédit photo : CHU de Rouen

Fondé en 2016, Promedeo est un fournisseur de solutions logistiques pour les établissements de santé , axé sur la sécurisation et la traçabilité des DMI. L’établissement pilote du CHU de Rouen, l’hôpital Charles Nicolle, – qui regroupe les blocs opératoires pour la cardiologie interventionnelle – utilise les Smart Cabinet de Promedeo, des armoires sécurisées et intelligentes utilisant la technologie RFID pour tracer les DMI.

La solution Smart Cabinet a permis à l’hôpital Charles Nicole d’accompagner le développement de l’activité de cardiologie avec l’ouverture d’une deuxième salle d’intervention, rendant le CHU plus attractif tout en y élargissant l’activité ambulatoire.

Jean Michel Dabadie – Président de Promedeo

Issu de l’industrie pharmaceutique, Jean Michel Dabadie – Président de Promedeo – explique comment le Smart Cabinet peut répondre aux besoins des établissements hospitaliers : « Les dispositifs médicaux implantables sont très coûteux et les contraintes de traçabilité sont fortes pour ces produits ; l’hôpital doit maîtriser la gestion des stocks d’implants sans perte de temps pour les personnels du bloc opératoire. Le Smart Cabinet répond à ces besoins en utilisant la technologie RFID : la gestion des produits est plus fluide et les pertes sont maîtrisées »

En effet, sans traçabilité informatisée, « il est difficile d’évaluer la valeur financière des stocks de DMI, à l’instant T, sans faire un inventaire physique des dispositifs présents dans les services. » poursuit Charles Hervouet – pharmacien au CHU de Rouen -, « ce qui rend plus délicates et laborieuses les certifications faites chaque année par les commissaires aux comptes. »

Très utilisée dans le commerce et la grande distribution, la technologie de radio-identification RFID est basée sur l’utilisation d’étiquettes électroniques lisibles à distance. Cette technologie  se généralise aujourd’hui jusqu’au secteur du transport aérien ( pour l’identification et la localisation des bagages) ; La RFID est à ce jour très peu utilisée dans le secteur médical.

« Le Smart Cabinet est une armoire dotée d’un lecteur RFID, identifiant et enregistrant les DMI que l’on y entrepose, après qu’ils aient été marqués. », explique Charles Hervouet,« Le fournisseur peut ainsi avoir une visibilité – via LogiPlatform, la solution Saas web reporting de Promedeo – sur ses stocks, mais pas ceux de ses concurrents, avec une garantie d’anonymisation des patients. Quant à la traçabilité, elle se fait en temps réel, de l’entrée en pharmacie à la pose sur le patient. »

Une fois les portes fermées, des antennes situées dans le dos de l’armoire sont activées, permettant de lire toutes les étiquettes RFID et ainsi d’avoir la vision en temps réel du stock dans l’armoire. L’armoire relit le stock à chaque ouverture/fermeture.

Par ailleurs, l’armoire permet de détecter des anomalies sur les flux des DMI.

« Une première alerte se produit lorsqu’un DMI est proche de la date de péremption. cela permet donc de veiller à l’utilisation du produit et par exemple de l’envoyer à l’hôpital où la demande pour ce DMI est la plus forte. », détaille Jean Michel Dabadie, « L’armoire alerte aussi sur un produit passé en PUI mais qui n’est pas encore stocké dans l’armoire (cas d’une livraison dans un autre service). Dans un autre cas de figure, si un DMI sorti de l’armoire reste inutilisé – donc ni tracé, ni posé sur un patient -, l’armoire émet une alerte 12h après sa sortie. »

Ces différentes alertes permettent au cadre de bloc d’investiguer sur ces anomalies liées aux flux des DMI.  « Nous avons paramétré l’alerte sur 24h dans le cas d’un DMI non implanté. Si une prothèse n’est pas rattachée au dossier d’un patient, l’alerte prévient de cette non-traçabilité. », continue Charles Hervouet, « Si elle a été posée mais non tracée, on procède à une régularisation dans le dossier patient pour, ensuite, faire redescendre l’information à LogiPlatform qui annule le message d’alerte. »

L’ouverture des armoires se fait par CPS (Carte de Professionnel de Santé) ou CPE (Carte de Personnel d’Établissement) permettant d’identifier qui a sorti le DMI et, en conséquence, quelle est la personne à contacter, en cas d’alerte sur le mouvement d’un implant. Cela permet au cadre et au personnel de gagner du temps de recherche en cas d’anomalie.

« En cas de retrait de lot, pour matériovigilance, j’ai une visibilité (numéro de lot, date de péremption) qui me permet d’avoir une action rapide et pertinente en cas de mandat de l’ANSM », assure Charles Hervouet.

L’application peut lire les codes GS1 et HIBC standard, « tous les fabricants sont en ordre de marche sur la codification et la normalisation. », ajoute Charles Hervouet, « Aujourd’hui, les fournisseurs n’apposent pas systématiquement d’étiquette RFID, mais dans les années à venir, au vu des évolutions technologiques liées aux dispositifs médicaux, il est évident qu’elle deviendra standard pour le marquage des DMI. »

« Cela permettra de simplifier l’opération liée à la réception et à l’enregistrement des produits dans la PUI. », ajoute Jean Michel Dabadie, « On voit que les étiquettes RFID sont partout, sur des produits de moyenne et faible valeur, dans la grande distribution. Leur arrivée dans le healthcare bouscule la logistique au sein des blocs opératoires. Si les établissements s’intéressent depuis longtemps à la logistique des médicaments avec des projets d’automatisation des PUI, la logistique des DM est moins mature car les gammes sont plus complexes et les contraintes physiques de stockage dans les blocs sont fortes »

Beaucoup de pharmaciens se retrouvant seuls face à cette gestion logistique, qui n’est pas leur cœur de métier, des solutions comme Promedeo permettent de répondre précisément à ce genre de problématique : « Au sein de notre service de cathétérisme, notre cadre devait travailler sur Excel, en alternance de chaque étape du circuit (réception, pose et renouvellement d’un DMI). Le Smart Cabinet lui a fait gagner 1h10 par jour sur cette gestion de stocks. », confirme Charles Hervouet, « Les soignants doivent gérer des patients, et donc de l’humain. Pas de la logistique. »

Bien qu’elles ne soient pas encore interfacées avec le SIH de l’établissement, l’équipe du CHU de Rouen est impatiente de voir les futures potentialités des Smart Cabinets…

Isaac Tarek

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