Les établissements publics de l’aube anticipent la création du GHT

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Les établissements publics de santé de l’Aube ont décidé d’anticiper la création du futur GHT du département en avril 2015. Ils ont créé une direction commune nommé Hôpitaux de Champagne Sud (HCS) regroupement 5 hôpitaux.
Ils disposent d’un projet d’établissement commun autour de 5 axes issus de la nouvelle loi de santé :
Un Projet Médical communune gestion commune des Achats et des Finances, un Système d’Information commun, une gestion commune du PMSI, une gestion commune de la Formation Continue.
Le CH de TROYES est l’établissement support.
Une équipe de direction commune constituée des directeurs des 5 établissements a été constituée.
Elle dispose de direction transversale (comme l’information numérique, la communication, les affaires médicales, etc.) mais aussi de directions délégués sur chaque site.
Une des directions transversales concerne la mise en place du futur GHT. Les HCS ne sont, en effet, qu’une étape intermédiaire concernant les établissements publics de santé et il convient maintenant de préparer l’adhésion au GHT des autres membres, notamment les EHPAD publics.

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Michaël De Block, Directeur de l’Information Numérique- Administrateur du GCS Santé Numérique.

Questions à M. Michaël De Block  Directeur de l’Information Numérique- Administrateur du GCS Santé Numérique
Vos premiers retours sur la mise en place du GHT ?
La démarche est structurante et sera à terme génératrice d’économies, car elle est basée sur la mutualisation.
Elle met également en exergue la nécessité de bien réfléchir à l’assise juridique et de créer des entités complémentaires pour gérer les échanges inter-établissements et la mutualisation des moyens.
En ce qui concerne mon domaine de compétences, un groupement coopération sanitaires de moyens informatiques a dû être créé : le GCS Santé Numérique.
Quel rôle aura votre établissement ?
C’est ce qu’on appelle un établissement support ou pivot. Cette position est liée à deux particularités :
–  c’est le plus grand établissement de santé du territoire et donc celui par lequel transite au moins une fois dans leur vie les patients aubois,
–  Il a une position centrale au niveau géographique.
De ce fait, il devient peu à peu le centre de compétences et de support. C’est valable dans mon domaine de compétences avec la création d’un service informatique territorial dont le support et le Datacenter se trouve au Centre Hospitalier de TROYES qui dispose des locaux et de l’infrastructure adaptée.
Quelle a été le rôle joué par l’ARS ?
C’est l’ARS qui a validé la création des HCS et validé le fait que le futur GHT serait délimité par le territoire de santé des établissements de cette direction commune.
L’ARS soutient nos démarches, nous conseillent et nous apporte l’aide nécessaire (notamment juridique) pour valider la mise en place de nos différents GCS, GIE ou GIP qui permettent la mutualisation des moyens.
L’ARS suit de près nos projets de coopération médicale et le cas échéant nous apporte l’accompagnement nécessaire (par exemple : mise en place d’une plateforme de téléradiologie entre Sézanne, Romilly/Seine, Troyes et Bar/Aube).
Quelles sont les attentes de la communauté hospitalière ? 
La communauté hospitalière a compris que le rapprochement des établissements de santé avait vocation à créer un acteur de santé à la fois cohérent en terme de parcours de soins, visible au niveau de la nouvelle région Grand Est et permettant de créer une dynamique de coopération, certes à visée économique (tout le monde est conscient du contexte difficile actuelle), mais aussi innovante, puisqu’elle permet la mise en place de nouvelles technologies, comme la télémédecine, la mobilité, les objets connectés, les transferts de données sécurisées, etc. C’est un paramètre important concernant l’attractivité du personnel médical notamment : l’opportunité de travailler dans un établissement de santé à la fois à taille humaine, mais ayant une importance significative vis-à-vis des tutelles et surtout apportant des outils innovants accessibles sur tous les sites des HCS.
Quels avantages pour le patient ?
Le projet médical commun des HCS permet de développer des consultations avancées dans des zones fortement touchée par la désertification médicale.
La mutualisation et les nouvelles technologies permettent de maintenir des activités dans ces bassins de santé : la téléradiologie permet de lutter contre la raréfaction de radiologues ou bien d’en recruter, car ces derniers acceptent plus volontiers d’aller faire de la radiologie conventionnelle dans des petites structures s’ils ont des journées de vacations en scanner ou IRM dans nos plus grands établissements.
Les téléconsultations en EHPAD notamment permettent de réduire les déplacements des résidents en milieu hospitalier.
Le partage de données et le développement de portail ville-hôpital facilite l’accès à l’information et donc d’optimiser les diagnostics, tout en réduisant les examens redondants et donc les coûts pour la collectivité.
De tout cela, les patients profitent et nous n’en sommes qu’aux balbutiements des améliorations à espérer, car cette démarche permet de développer la culture de l’échange entre la ville et l’hôpital et de mieux préparer le retour à domicile du patient et donc de réduire sa durée d’hospitalisation (on évoquera certainement dans un autre article notre portail MyGHT et ses premiers bénéfices pour les patients et les professionnels de santé).
Les GHT sont un vecteur extraordinaire pour la mise en place de notre projet de territoire de soins numérique OPTIMIPSTIC (dont vous avez déjà parlé dans un article l’année dernière). OPTIMIPSTIC est d’ailleurs aujourd’hui clairement identifié comme la feuille de route du projet d’établissement SI des HCS

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