Les cliniques Ambroise Paré prennent le pari du logiciel métier

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cliniques-Ambroise-ParéDans la course à l’informatisation des systèmes d’information, la polyclinique Ambroise Paré de Neuilly-sur-Seine caracole en tête du peloton des établissements de santé. Pour s’assurer une meilleure gestion de son service de soins critiques, celle-ci s’est dotée d’une feuille de réanimation informatisée unique, avec les données biomédicales du malade. A l’heure où l’informatisation du dossier patient est achevée dans 95% des établissements de santé publics et privés en France, seulement 25% des hôpitaux publics sont équipés d’un logiciel métier spécifique au service de réanimation. Dans le privé,15 % seulement en est pourvu.

Le logiciel métier en réanimation : un outil incontournable d’aide à la décision

Plus avancé et plus pointu que les unités de soins intensifs, le service de réanimation d’un hôpital implique un monitorage continu des fonctions vitales et nécessite une prise en charge prolongée des patients. « Les exigences de traçabilité, de sécurité et de stockage sont plus élevées pour la réanimation et seul le logiciel métier permet une surveillance rapprochée des constantes du patient », estime Christophe Heuberger, Directeur général de Terenui, éditeur du logiciel de réanimation Grimoires. Au quotidien, le nombre moyen de données générées pour chaque patient dans un hôpital est estimé à 8000. « La base de données créée met en évidence l’évolution des paramétrages et facilite le travail du personnel médical, c’est une aide à la décision » « Le logiciel met en évidence l’évolution des constantes vitales du patient et facilite le travail du personnel médical, c’est une aide à la décision », assure le dirigeant. En fonction des résultats des laboratoires affichés par Grimoires, les prescriptions peuvent être ajustées rapidement. Reposant plus qu’ailleurs sur un travail d’équipe, le pilotage collectif du service de réanimation est mieux assuré. Autre point fort : un IPP chapeau (Identification Permanent Patient) intégré au logiciel permet de suivre l’antériorité de chaque patient qui navigue entre les trois cliniques distinctes et qui partagent le même dossier.

Réanimateurs et établissements de santé : Une attention particulière

Le but de la réanimation étant de rétablir l’ensemble des fonctions vitales des patients, c’est un service critique qui demande d’importants moyens techniques et une attention particulière. C’est pourquoi de nombreux anesthésistes-réanimateurs rechignent à utiliser un dossier patient informatisé global, considéré comme peu adapté à l’urgence et à la complexité de leur service. Jugé trop coûteux, moins d’une centaine d’établissements seraient équipés d’un logiciel métier aujourd’hui. Pour Christophe Heuberger, ce n’est plus qu’une question de temps avant que les mentalités évoluent : « Dans les 2 ou 3 années à venir, on admettra l’importance du logiciel métier car il répond aux exigences de précision, d’ergonomie, de disponibilité et de réactivité dont dépend le bon fonctionnement d’un service de soins critiques ».
Au sein de la clinique Ambroise Paré, l’installation d’un dossier patient informatisé en réanimation a vite fait consensus : « C’est une question de visibilité, de disponibilité et de sécurisation des données. Il était nécessaire de passer du papier au numérique. L’avantage de Grimoires est son caractère intuitif et son ergonomie proche du dossier papier, il n’y a pas de perte de repères pour les réanimateurs », confie Charlotte Dubois, chef de projet SI à Ambroise Paré. Le projet de déploiement de la clinique est ambitieux puisqu’à terme, l’ensemble des moniteurs des trois bâtiments devrait être connecté et accessible aux 800 salariés de l’établissement. « Pour l’instant, le logiciel a été déployé sur 20% de nos services dont les 16 lits de réanimation ». Bien que les réanimateurs considèrent avoir gagné en flexibilité et optimisation du temps grâce à Grimoires, le bon fonctionnement des systèmes d’information d’un hôpital ne dépendrait pas que du logiciel selon la chargée de projet : « Le bon fonctionnement du service repose à 90% sur les infrastructures et à 10% sur le logiciel. Nous avons investi 300 000 euros dans le redimensionnement des serveurs et dans une nouvelle salle machine en 2014. Le gros enjeu est encore d’éviter une rupture de connexion du réseau, dont dépendent aujourd’hui le logiciel métier et le service de réanimation ».

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