COMMENT REPERER LES SIGNES D’UN MANAGEMENT DIT « PATHOGENE » ?

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Dans toute organisation du travail dans laquelle les relations interprofessionnelles sont particulièrement complexes ou difficiles, il est important, en prévention des risques psychosociaux, de repérer les facteurs de risque de « management inadéquat », voire pathogène ?

L’équipe soignante, peut repérer ces signes de management dit « pathogènes », bien décrits par Marie PEZE1, pouvant nuire à son équilibre psychique et physique au travail :

– « Le détournement du lien de subordination : incivilités à caractère vexatoire, refus de dialoguer, remarques insidieuses ou injurieuses, mots blessants, dénigrement et volonté de ridiculiser, moqueries.

Le détournement des règles disciplinaires : sanctions injustifiées basées sur des faits inexistants ou véniels ; atteinte aux avancements de grade et d’échelon, aux demandes de formation professionnelle ; évaluation et notation abusives.

Le détournement du pouvoir de direction : isoler, ne pas donner de travail, fixer des objectifs irréalisables, confier du travail inutile, changer arbitrairement d’affectation.

Le détournement du pouvoir d’organisation : modifier arbitrairement les conditions de travail ou les attributions essentielles du poste de travail ».

Cependant, le personnel d’encadrement n’est pas responsable des défaillances d’une organisation de service qui n’est pas soutenue par l’institution : ce faisant, le management de proximité risque, dans ce contexte, de voir son travail de régulation empêché, faute de ressources.

A force d’être trop sollicité en appui de ce travail aux frontières (remontée d »’informations de gestion, construction de projet), il ne lui reste que très peu de disponibilités pour tenir son rôle de régulateur auprès de l’équipe : cette situation accapare le cadre dans cette spirale de gestion, ce qui se traduit parfois par une souffrance des soignants lié à l’absence de proximité du Cadre de Santé dans le service.

L’encadrement n’est pas épargné de cette spirale de tensions peuvent aller jusqu’à l’épuisement professionnel.

En conclusion, devant la complexité des organisations hospitalières, la prévention des dérives managériales est l’affaire de tous les managers. La promotion du bien-être au travail repose donc sur le principe de bienveillance mutuelle de chaque professionnel. Et ce, afin que l’organisation s’ajuste aux conditions de travail « réel » des soignants, et non l’inverse…pour préserver un haut niveau de la qualité de vie au travail (QVT)…

1 Docteur en psychologie, psychanalyste, réseau de consultations « souffrance et travail », expert près la Cour d’appel de Versailles)

jean-luc-stanislasJean-Luc STANISLAS,
Créateur du Blog MMS « Management en Milieu de Santé »
Auteur « Le management stratégique des cadres hospitaliers en mutation », Editions Universitaires Européennes, Mars 2016
Cadre Supérieur de Santé, (93), Consultant Leadership
Master « Economie, Gestion et Management de la Santé », Université Paris-Dauphine
E.Mail : jlstanislas@aol.com, Profil sur LinkedIn

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