CHU de Limoges : Des soins à domicile via smartphone

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La solution 2net de Qualcomm Life au service du CHU de Limoges : des soins à domicile via smartphone

thierry-dantoineFace aux problèmes que posent la restriction des budgets hospitaliers, le manque de places disponibles dans les établissements et l’augmentation des maladies chroniques due au vieillissement de la population, la télémédecine apparaît aujourd’hui comme une solution pour les acteurs de la santé. Lauréat national de l’appel à projet Investissements d’Avenir, le CHU de Limoges vient de lancer « Icare », un projet de recherche pilote dans le but d’évaluer l’efficacité de la télésurveillance médicale à domicile de personnes âgées atteintes de maladies chroniques.
« L’objectif des soins à distance est de réduire au maximum le nombre de réadmissions dans les hôpitaux et d’améliorer le confort des malades ». Pour Laurent Vanderbrouck, Directeur général Europe chez Qualcomm Life, fournisseur de la technologie mobile de télésurveillance « 2net » pour le compte du CHU de Limoges, la solution au surpeuplement des hôpitaux passe par la e-sante. Confrontés à un vieillissement démographique supérieur à la normale, les centres hospitaliers du Limousin sont aujourd’hui tentés par la télésurveillance pour pallier l’afflux de personnes âgées en urgence. Dans la région, 15% de la population a plus de 75 ans, contre une moyenne nationale à 9%. « En 2030, on pourrait même atteindre les 44%, les hôpitaux seront débordés ! », s’alarme le professeur Thierry Dantoine, coordinateur du projet Icare pour le CHU de Limoges. « Grâce à la solution 2net, notre objectif est de diminuer le taux d’hospitalisation en gériatrie de 30% d’ici la fin de l’année », confie-t-il.
En plus de libérer les hôpitaux, la télémédecine est le remède idéal à la désertification des milieux ruraux par les professionnels de santé : « Les patients peuvent envoyer des informations sur leur état de santé depuis n’importe où, il leur suffit de se connecter à internet », se réjouit le professeur. A l’aide d’un boîtier, un « hub », que le malade branche sur une prise électrique, celui-ci peut synchroniser les informations recueillies par les équipements médicaux et les transférer. Le CHU a choisi de recueillir des données biométriques relatives au poids, à la tension, l’oxygénation, la glycémie, le pouls et la température. Une version virtuelle existe, via un smartphone ou une tablette. « 80% des patients utilisent leur réseau cellulaire car ils habitent en milieu rural, où il n’y a pas l’adsl », commente Thierry Dantoine.
Pour les 264 patients du projet (NDLR : l’étude concernera à termes plus de 500 patients), une équipe constituée d’un médecin généraliste, d’un gériatre et d’un infirmier est chargée du suivi du dossier patient. Dix minutes d’analyse médicale suffisent, par jour et par patient. « Le personnel adhère bien à ce dispositif de partage du dossier patient via smartphone car pour eux c’est un gain de temps ».

La question de la sécurité des données

La dématérialisation des données médicales représentant toujours un risque de perte, de vol ou de destruction d’informations privées, la question de la sécurité est toujours prise en compte selon le directeur général : «  Le CHU de Limoges et tous les établissements de santé sont très attentifs à cette question. C’est pourquoi une fois les données biométriques intégralement collectées sur la plateforme de service de Qualcomm Life par le CHU de Limoges, Qualcomm Life efface ces données biométriques tandis que le CHU de Limoges après les avoir reconciliées avec les données patients fait stocker ces données par un hébergeur agréé ASIP conformément à la réglementation française ». Les données transmises sur les réseaux de communication mobile sont en effet anonymes, ces données biométriques étant associées à un identifiant unique (le numéro de série du Hub) et cryptées à trois reprises lors de leurs transferts et avant leur réception par le CHU de Limoges.

Un enjeu médico-économique

Tout comme le budget des hôpitaux, le budget santé des français est en baisse. Selon le baromètre Sofinco/OpinionWay, ces derniers estiment leur budget à 518 euros en 2015, un recul de 1% par rapport à l’an passé et de 9% par rapport à 2013. « Les soins à domicile sont une solution économique pour le patient comme pour l’hôpital qui veulent tous deux éviter les coûts d’une hospitalisation », affirme le professeur Dantoine. L’Etat pourrait être le troisième grand gagnant de la télémédecine selon le coordinateur du projet : « L’assurance maladie ferait des économies gigantesques car les soins à domicile préviennent la perte d’autonomie des personnes et retardent leur hospitalisation ». Saluant les efforts de l’Etat et de la Commission européenne pour encourager la e-santé (programmes « Territoire de soins numérique » et « Horizon 2020 »), le dirigeant de QualcommLife assure qu’un nouveau modèle économique doit accompagner l’essor de la télémédecine : « La France doit se presser d’emboîter le pas des pays scandinaves, qui remboursent déjà les frais pour les soins à domicile en télésurveillance ».

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