Rayonnements ionisants et risques d’exposition : comment s’équipe le milieu hospitalier ?

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Credit photo : Photographe CHU Nantes

Dosimex est un outil de calcul dosimétrique permettant l’élaboration de protocoles d’exposition, d’études de poste, de protections et de mise en conformité des locaux face aux rayonnements ionisants de la médecine nucléaire et en radiologie.

 

Au bloc opératoire, chez le dentiste, en radiologie ou en cancérologie, les rayonnements ionisants sont utilisés tous les jours à l’hôpital. Dosimex en a fait son cœur de métier avec pour but de donner aux professionnels des outils efficaces, et sûrs, pour évaluer les doses, les risques et les besoins de protection. Alain Vivier, ingénieur en génie atomique et enseignant, est à l’origine de ce beau projet. “Je me suis rendu compte au cours de ma carrière aux multiples casquettes, opérationnelles ou enseignement, qu’aucun outil de calcul simple n’existait. Nous faisions, comme tout le monde, au papier-stylo ou sur Excel avec la formule de la source ponctuelle à défaut d’utiliser des codes difficiles à manipuler comme MNCP.”. Le pédagogue passionné se met alors en tête, avec son associé Gérald Lopez, de conceptualiser un outil de dosimétrie. D’abord développé dans un but pédagogique pour soutenir des cours à l’Ecole Atomique de Cherbourg (EAMEA) puis à l’Institut National des Sciences et des Technique Nucléaires (INSTN), Dosimex s’additionne ensuite en 2012 à un ouvrage pédagogique qui sort aux éditions EDP (Calculs de dose générée par les rayonnements ionisants, ndlr), puis commercialisé depuis 2018 sur clé USB par la société Dosimex.

 

OPTIMISER L’OBSERVANCE DES NORMES

 

Adopté par les PCR (Personne Compétente en Radioprotection), Dosimex permet de calculer un niveau d’exposition pour un poste de travail comme une protection radiologique dans un environnement de travail avec des radionucléides ou des générateurs X, avec application de la N-FC 15-160 (2018). L’outil se prête bien aux besoins des PCR, donc, accompagnés dans son utilisation par une série de tutos animées par son fondateur (tutos disponibles sur le site dosimex.fr). Une journée de formation accompagne également l’acquisition du logiciel, utilisé aujourd’hui par l’APHP ou l’Institut Curie. “Quotidiennement l’outil me sert à déterminer les épaisseurs biologiques des protections, des murs, des vitres, les distances de sécurité ou les moyens de transport de sources radioactives et répond aux questionnements environnementaux quant à l’évacuation de certains déchets, et ce, avec une intuitivité extraordinaire. Dosimex est un outil pratique indispensable pour le quotidien d’une personne compétente en radioprotection” témoignage Pascal Béchard, PCR au CHU de Nantes, utilisateur depuis 2012.

 

UN OUTIL TRIPLE EMPLOI

 

Au CHU de Toulouse, Sébastien Balduyck assure la radioprotection des travailleurs et pousse l’utilisation de Dosimex, au-delà des murs de l’hôpital. “Je suis pompier volontaire et j’aide les services de secours pour des questions de radioactivité de sources trouvées, d’exposition du public, de traitement des sources et d’intervention auprès d’elles.”. Sur un autre plan, Monsieur Balduyck utilise le logiciel auprès de ses étudiants en physique médicale et génie biomédical à l’Université Paul Sabatier (Toulouse 3). “Dosimex me sert à les former à la radioprotection sans les exposer à de véritables sources. Nous pouvons faire des simulations avec tous les nucléides existants et entrer autant de variables que nous le souhaitons en variant à l’infini.” explique le formateur. Le PCR du CHU de Toulouse insiste également sur le pendant préventif d’une telle solution qui sensibilise les jeunes professionnels aux risques d’exposition et à l’importance de la protection, même quand elle est pénible, comme c’est le cas des tabliers plombés.

 

La prévention est un point sur lequel les trois professionnels se rejoignent avec une envie commune de dédiaboliser la radioactivité, tout en insistant sur les risques réels et une pratique consciente des “bénéfices/risques”. “Quand on parle de radioactivité on pense Fukushima, on ne sait pas que l’on y est confronté via le sol, la nourriture, l’avion ou une radio chez le dentiste. Il faut remettre la radioactivité à sa place, elle est pensée pour être minime, sans pour autant négliger les risques. Il y a une conduite à tenir et les professionnels doivent être les premiers préventeurs.” résume Monsieur Balduyck.

 

Carla Bernini

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