Radiographie standard: regard de l’intelligence artificielle

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Faire baisser de 30% le taux de fractures non décelées en radiographie, c’est le pari réussi que s’est fixée la société Gleamer. Avec son logiciel BoneViewTM, elle accompagne les radiologues dans leur diagnostic pour des interprétations plus sûres et plus sereines.

 

AUGMENTER LA PERFORMANCE DES DIAGNOSTICS

Très souvent, les fractures sur radios standards sont analysées par des urgentistes. Bien que qualifiés, ces derniers ne sont pas pour autant des spécialistes. Et quand ces radiographies passent entre les mains de radiologues libéraux, elles s’ajoutent à leur flux de travail habituel et doivent être lues rapidement. L’apport d’un logiciel de détection automatique vise avant tout, selon Dr Adrien Felter, radiologue à l’hôpital de Garches d’Ambroise Paré, à Paris : « une augmentation de la performance du diagnostic ».

Une étude réalisée dans un grand groupe de radiologie démontre que l’outil a permis de rattraper 28% de fractures pour certaines, loin d’être anodines. « Elles peuvent avoir un impact fonctionnel fort, précise Nor-Eddine Regnard, radiologue ostéoarticulaire et directeur médical de Gleamer. Comme des fractures du col du fémur ou du scaphoïde qui peuvent vite mener à des complications.

Dans les faits, le logiciel s’intègre facilement au flux de travail. « Difficile de faire plus simple, résume Adrien Felter. Il n’y aucune manipulation à faire ». Et en effet, une fois intégrée au PACS, la radiographie est envoyée dans un cloud sécurisé pour être interprétée par BoneView. Une fois l’aide au diagnostic produite, l’image est renvoyée dans le PACS de manière totalement transparente. Lorsque le radiologue ouvre la radio, un intercalaire indique : « Fracture », « Pas de fracture », ou « Suspicion de fracture ». De plus, « la région d’intérêt est délimitée par le logiciel », précise Adrien Felter. L’outil est capable de traiter toutes les incidences et indique si toutes les images ont bien été traitées.

« Notre logiciel a bénéficié d’une base de données de plusieurs centaines de milliers d’images issues de grands groupes de radiologie avec lesquels nous avons noué des partenariats, note Nor-Eddine Regnard. Toutes ces vues ont été interprétées par des radiologues afin d’entraîner notre algorithme ».

 

COUVRIR UN SPECTRE DE PLUS EN PLUS LARGE

Car même s’il a évolué, le logiciel ne couvre pas encore tout le champ de la radiographie. Il analyse une grande partie des images de traumatologie : bassin et membres auxquels vont s’ajouter, à la faveur d’une levée de fonds de 7,5 millions d’euros durant l’été 2020, le gril costal et rachis dorso-lombaire. Et les trois associés (Christian Allouche, Alexis Ducarouge, et Nor-Eddine Regnard) ne comptent pas en rester là. Ils projettent d’étendre leurs applications aux épanchements et luxations ainsi qu’aux lésions osseuses.

Déjà présents en Grande-Bretagne, en Allemagne, et auprès de 1000 utilisateurs en France (soit près de « 10% de l’ensemble des radiologues du pays »), la société vise désormais le marché européen dans son ensemble, ainsi que les USA. « Nous devrions d’ici la fin de l’année obtenir la validation clinique de notre produit pour les États-Unis (approbation de la Food and Drug Administration) », projette Nor-Eddine Regnard.

Dans un contexte où l’IRM et le scanner font l’objet de toutes les innovations, « Gleamer ont eu le flair de se concentrer sur les radiographies, estime Adrien Felter. En effet, c’est leur force, car il y a un savoir-faire qui se perd et notre spécialité à tout intérêt de continuer à mixer les sources pour un rendu plus pertinent ».

Marion BOIS

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