Oncothériaque : la bible de l’oncologie

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Jean-François Tournamille : Pharmacien chez COMPUTER ENGINEERING APPLICATION FRANCE

Le 5 octobre dernier est parue la version numérique de la base Oncothériaque. Elle s’appuie sur le dossier anticancéreux «utilisation pratique» édité par le CNHIM, Centre National Hospitalier d’Information sur le Médicament. Véritable « bible des oncologues », cette ressource offre une mine d’informations sur les anticancéreux et leur utilisation pratique. Voici les détails de ce nouvel outil avec l’un de ses promoteurs, Jean-François Tournamille, pharmacien et co-coordonnateur «e-Santé et IA» à la SFPO (Société Française de Pharmacie Oncologique).

 

2 000 RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES POUR L’ONCOLOGIE

La dernière édition des dossiers «anticancéreux» du CNHIM remontait à 2013. En s’attelant à la lourde tâche d’une réédition, un constat s’est imposé aux bénévoles dont Jean-François Tournamille a fait partie : « Proposer la base sous format papier n’avait plus aucun sens. » Durant 6 ans, 60 pharmaciens et médecins de toutes les régions de France se sont penchés sur les indications données par cette base. Non seulement Oncothériaque recense tous les médicaments d’oncologie, mais ceux-ci ont été préalablement revisités par les professionnels. « Il s’agit d’un travail d’auteur », résume le pharmacien. Effets indésirables, usages, interactions…

Les informations sont d’ordre pratique. Au final, 2 000 références bibliographiques sont regroupées, 190 monographies, 44 contenus avec de nouveaux chapitres et la possibilité de consulter toutes ces données sur ordinateur, tablette ou smartphone. L’accès à l’outil se fait aussi bien par extranet que via un logiciel de gestion des chimiothérapies comme Chimio® (Computer Engineering). L’avantage d’une version numérisée est que « les données sont mises à jour régulièrement ». Etudes cliniques, accès précoces (ex ATU), stabilités, recommandations de la SFPO, codes de remboursement et AMM (Autorisations de Mise sur le Marché) sont ainsi disponibles en temps réel.

 

L’ARRIVÉE DES ALGORITHMES AU SERVICE DE L’IA DANS LA BASE ONCOTHÉRIAQUE : ONCORULES

Mais l’autre avantage de la numérisation de cette base, c’est l’intégration de l’intelligence artificielle. « Il est désormais possible de travailler sur des algorithmes de décisions thérapeutiques », note Jean-François Tournamille. Les utilisateurs peuvent ainsi noter des indications sur les conduites à tenir autour de tel ou tel médicament. « En se servant du workflow de validation d’Oncothériaque, on peut ajouter des précisions sur les questions à poser au patient, les conditions à respecter, les conduites à tenir face à des situations complexes concernant la gestion des effets indésirables, l’interprétation des interactions médicamenteuses complexes et pour finir sur les contextes physiopathologiques..

Cela permet de combiner ressources bibliographiques et terrain. » Oncologues et phar- maciens hospitaliers spécialisés valident ensuite l’algorithme proposé. D’ici la fin de l’année, plusieurs milliers d’algorithmes seront proposés aux utilisateurs (médecins et pharmaciens) ou start-up engagées dans le domaine de la e-santé. À terme, 20 à 30 000 algorithmes seront nécessaires pour l’oncologie. « Il est également possible de pondérer la pertinence d’un algorithme, précise Jean-François Tournamille. Le but est toujours de minimiser les informations pour ne garder que ce qui nous est réellement utile. » Un ciblage plus fin qui permettra aux pharmaciens de se concentrer sur les tâches à plus haute valeur ajoutée.

Marion BOIS

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