Mediainterface, un nouvel acteur européen sur le marché de la reconnaissance vocale en France

0
210

 

Recourir à la reconnaissance vocale pour la production documentaire, un gain de temps certain dans les établissements de santé. Mais quand cette production s’accompagne d’une structuration de la donnée médicale, l’enjeu change d’échelle. C’est le pari qu’a pris la société MediaInterface.

VERS UNE DONNÉE MÉDICALE PLUS STRUCTURÉE

 

La donnée médicale, une ressource qui suscite bien des fantasmes. Pour la recherche, en cas de crise sanitaire, pour l’amélioration des pratiques, elle est au cœur de nombre de défis à venir. Seul obstacle : elle est souvent inexploitable. Sous divers formats, éparpillée et mal indexée, elle devient inutilisable faute d’organisation adéquate. « Voilà pourquoi il est nécessaire d’avoir sur cet enjeu une vision industrielle, affirme David Séjourné, responsable France chez MediaInterface. Il faut la structurer pour la rendre exploitable ». C’est dans cette optique qu’a été conçu l’outil de reconnaissance vocale SpeaKING. Il répond au triptyque : « Capturer, administrer, analyser ». La capture se fait grâce à la reconnaissance vocale et la dictée numérique.

L’administration des documents passe ensuite par une commande à la voix. La production du document, via des workflows définis, s’intègre au SIH. Le locuteur peut ainsi ouvrir à la voix les champs utiles. Enfin, l’analyse des documents fait appel, via des solutions partenaires, à l’intelligence artificielle qui décrypte la documentation médicale afin de connaître sa destination et, le cas échéant, d’anonymiser la donnée dans le cadre de la RGPD, pour un envoi de données, ou encore pour la recherche. « Le système, intégrant de l’IA avec le module smart learning, s’auto-améliore pour chaque médecin, ce qui nous permet d’atteindre des performances de reconnaissance très élevées, note David Séjourné. In fine, l’outil devient plus efficace individuellement, mais aussi globalement, avec une donnée médicale plus structurée et exploitable ».

UN POSITIONNEMENT EUROPÉEN

Outre l’aspect technique, la société compte bien se démarquer sur un marché dominé par une multinationale américaine. « Face à ce concurrent, nous défendons une approche européenne 100% dédiée à la santé, au plus proche des besoins des établissements », insiste le responsable. MediaInterface aborde le marché français avec une vision « tenant compte des contraintes budgétaires du pays ». C’est ainsi que l’outil s’est déployé à St-Lô (Manche). « Nous avons rencontré David Séjourné et Andreas Koch (responsable développement affaires et projets) au HIT 2018, se souvient Francis Breuille, DSI du GHT Centre Manche et directeur exécutif de RESO France (club des utilisateurs ORBIS). Leur solution a fait ses preuves en Allemagne, en Suisse et en Autriche, il n’y avait donc pas de raison que cela ne fonctionne pas en France ». Déjà interfacé avec de nombreux DPI, dont Orbis, MediaInterface peut en effet générer des formulaires intégrés pour le dossier patient. « Nous sommes en étroite collaboration avec leurs équipes dans le cadre d’une phase POC (Proof Of Concept), note le DSI. Nous avons bon espoir de faire entrer d’autres établissements dans cette phase test afin de présenter, à terme, SpeaKING comme un service supplémentaire à nos adhérents RESO ». Cela constituerait une nouvelle étape pour un des rares acteurs de la reconnaissance vocale au monde à disposer d’un brevet pour sa solution. « Cela nous rend indépendants sur notre stratégie long terme », un gage de stabilité s’il en est.

Laisser un commentaire