La simulation en santé au plus près de la réalité, au CH de Chalon-sur-Saône

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Directeur de l’innovation et de l’ingénierie biomédicale pour le territoire Nord Saône-et-Loire Responsable Centre de Simulation CESITECH Santé Crédit photo : DR

« Jamais la première fois sur le patient ». En France, cette devise a été reprise par le professeur Granry et le docteur Moll dans un rapport sur « L’état de l’art de la simulation en santé » demandé par la HAS et publié en janvier 2012. Mais l’expression vient des Etats-Unis, où la simulation en santé est développée depuis bien plus longtemps qu’en France. Dans notre pays, la formation expérientielle prend peu à peu son essor, à l’image du projet développé à Chalon-sur-Saône, en partenariat avec Laerdal.

LE CESITECH, UN CENTRE À LA POINTE DE LA SIMULATION EN SANTÉ

Le Centre Hospitalier William Morey, à Chalon-sur-Saône, est le site pivot du GHT Saône-et-Loire Nord Morvan, composé d’une dizaine d’établissements. Depuis le début des années 2010, le CH développe sa réflexion dans le domaine de la simulation en santé. « Gestes d’urgence en réanimation, damage control (ou médecine de catastrophe), arrêt cardiaque de la femme enceinte, éclampsie, hygiène hospitalière… La liste de nos besoins était longue, raconte Alexandre Benoist, ingénieur clinique. Pour ce projet, nous avons mutualisé nos forces avec celles de l’IFSI (Institut de Formation en Soins Infirmiers) du Chalonnais et notre CESU (Centre d’Enseignement des Soins d’Urgence) ». En 2014, le CESITECH (Centre d’Enseignement et de Simulation du Territoire Chalon- nais) est né, avec, comme partenaire industriel, Laerdal. Equipant la majorité des IFSI de France, cette société norvégienne est leader dans le domaine. « Nous souhaitions soutenir ce projet car, sans être universitaire, le CH William Morey parvient à être très au fait des nouvelles technologies dans ce secteur, apprécie Gérard Ferrer, directeur marketing France. Et leur réussite est notable ». La preuve, l’an dernier, 433 personnes ont pu être formées sur 14 thématiques différentes, tant pour l’utilisation de dispositifs médicaux que pour leur évaluation.

LE RÉALISME, LA CLÉ DE LA RÉUSSITE

« Le facteur principal de réussite pour une simulation, c’est le réalisme de l’immersion, insiste Stéphane Kirche, directeur de l’innovation et de l’ingénierie biomédicale pour le territoire Nord Saône-et-Loire. Si la personne formée est pleinement plongée dans son univers réel de travail, l’impact cognitif de la formation sera bien plus fort ». Le CESITECH s’est donc équipé de 7 mannequins de taille réelle (allant du bébé à l’adulte) aux fonctionnalités surprenantes de réalisme : ils peuvent tousser, pleurer, mousser, ouvrir, fermer ou cligner des yeux, présenter une auscultation normale ou pathologique, simuler une intubation délicate… « Nous avons également des simulateurs physiologiques de poumon, des accessoires pour du « patient simulé » ou pour des tâches partielles (bassin d’accouchement par exemple), ajoute Alexandre Benoist. Et le grand avantage est que ces matériels sont compatibles avec nos dispositifs médicaux et peuvent leur envoyer de la donnée, ce qui n’est pas les cas des concurrents de Laerdal. Les personnes formées peuvent donc utiliser leurs outils habituels, comme dans leur univers de travail quotidien ».

DE NOMBREUX SERVICES ASSOCIÉS

« Mais la simulation, ce ne sont pas que des simulateurs, note Gérard Ferrer. C’est aussi la formation et les services associés. Nous proposons un matériel sophistiqué, l’idée est d’en tirer un maximum de bénéfices ». Voilà pourquoi la gamme de services est large (maintenance, aide à la création de scénarios, arbres décisionnels, débriefings avec séquençage de la vidéo de la formation…). Il existe aussi des « quick formations pour former les formateurs », rappelle Alexandre Benoist. « Et puis, au-delà de son apport technique, Laerdal nous donne la possibilité de nous ouvrir à un réseau d’autres industriels, de scientifiques, de leaders d’opinion et nous permet de sortir de notre environnement », approuve Stéphane Kirche.

« Mise en place il y a quelques années, la simulation porte ses fruits aujourd’hui », conclut Alexandre Benoist. Et le coronavirus en est l’illustration. Face à l’affluence, la répartition des équipes a dû être modifiée. Avec un personnel largement formé, dans un environnement fidèle, le passage d’un service à l’autre s’est organisé dans de bonnes conditions tout en limitant la charge mentale en ces temps délicats.

Marion BOIS

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