La réalité virtuelle : une alternative dans la prise en charge du soin aigu ?

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Soulager les patients grâce à de la réalité virtuelle. Encore impossible au début du siècle, cette technique s’est progressivement développée comme un complément efficace dans le traitement de l’anxiété ou de la douleur. Un usage particulièrement pertinent pour les urgences, notamment à l’hôpital Paris Saint-Joseph où le docteur Olivier Ganansia, chef de service des urgences, revient ici sur les bénéfices d’un casque VR.

 

Une alternative complémentaire au médicament

 

« Jusqu’ici, l’essentiel des traitements de la douleur aigue aux urgences se limitait aux médicaments. Mais aujourd’hui, la médecine doit pouvoir s’ouvrir à d’autres techniques comme l’hypnose, la musicothérapie ou la réalité virtuelle. Il ne s’agit pas de substituer pour remplacer, mais de proposer des techniques complémentaires », déclare Olivier Ganansia.

 

En effet, depuis 2017, le service des urgences de l’hôpital Paris Saint-Joseph propose un casque de réalité virtuelle. Accompagnée d’une musique de fond et d’une voix, cette solution vise à distraire l’attention des patients lors d’actes douloureux, tels que les traitements des plaies. Et elle n’a cessé de se développer en ajoutant de nouveaux univers et de nouvelles fonctionnalités (solution nomade, texte…), induisant chez le patient un véritable état hypnotique, avec une phase d’immersion et une phase d’émersion. Une approche bien connue de l’hôpital Paris Saint-Joseph, dont la plupart des équipes sont formées à l’hypnose comportementale et conversationnelle.

 

« Les patients étaient très surpris qu’on leur propose cette technique, et les jeunes, assez intrigués. Dans l’ensemble, elle est très bien acceptée et, même si nous ne détenons pas encore de résultats prouvés scientifiquement, elle contribue à réduire l’anxiété, la peur et la douleur des patients, ce qui permet de baisser significativement l’utilisation de médicaments antidouleurs », précise Olivier Ganansia.

 

L’enjeu de la réalité virtuelle

 

Toujours selon le chef du service des urgences de l’hôpital Paris Saint-Joseph, l’usage de la réalité virtuelle ne posera bientôt plus question : « aujourd’hui nous vivons une montée en puissance de ces techniques, pour les séances de chimiothérapie, le postopératoire, les salles de pansement. Très peu d’urgences en sont dotées, mais dans 4 ou 5 ans, tous les hôpitaux proposeront des solutions comme ce casque aux patients. Tout le monde utilisera la réalité virtuelle. Pour la simple raison qu’elle constitue un complément de soins efficace avec un retour sur investissement non négligeable », confie-t-il.

 

Aussi reste-t-il à établir l’apport de la réalité virtuelle dans le traitement de la douleur aigue, un sujet faisant encore l’objet d’une étude clinique qualitative à l’hôpital Paris Saint-Joseph : « nous sommes toujours dans la phase de recherche, pour calculer la véritable valeur ajoutée de la réalité virtuelle. Nous souhaitons démontrer qu’en association, celle-ci permet la diminution des doses d’antidouleur ou d’anesthésie ».

 

Et pour le docteur Olivier Ganansia, l’enjeu de la réalité virtuelle sera évalué aux urgences. « Les urgences évoquent souvent une attente interminable et des conditions de travail difficiles pour le personnel soignant. L’amélioration de la qualité des soins fait partie intégrante de nos objectifs, indépendamment du nombre de patients à prendre en charge. Les urgences constituent un environnement extrêmement difficile, c’est pourquoi des techniques complémentaires y trouvent leur place ».

 

Steve Serafino

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