La dématérialisation du bilan, l’enjeu des métiers du secours

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Crédit photo - Nicolas Michaud

TILDEV propose depuis 2018, Syopé, une solution de dématérialisation des bilans à destination des métiers de l’urgence. Rencontre avec une société qui s’adapte aux besoins des différents secteurs et travaille à faire de l’informatique un facilitateur du soin sur le terrain.

 

TILDEV est co-fondée en 2017 par Simon Pedrono, à la sortie de son école de développement informatique. « Nous réfléchissions aux enjeux du secteur de l’urgence, ancien secouriste moi-même, et une première application a éclos. Nous nous sommes ensuite engagés avec le SDIS d’Ille & Vilaine, pour développer la première version du projet », explique le Président. Quatre ans après, 100 000 prises en charge ont été réalisées par la société et dix SDIS, dix SAMU, huit départements ambulanciers, deux SMUR et la brigade des sapeurs-pompiers de Paris en sont aujourd’hui équipés. « Avec le papier, la qualité de retranscription et d’archivage n’est pas régulière.

 

Avec Syopé, nous optimisons la rédaction avec la prise de photos, des codes couleurs ou l’enregistrement automatique des constantes via un multiparamétrique et transmettons un bilan propre en direct. Le dispositif joue sur la durée de régulation, sur laquelle nous avons gagné un tiers de temps », témoigne le Capitaine BRENY, adjoint au chef du groupement prévention et réponse opérationnelle du SDIS de Mayenne. « Côté régulation, nous l’utilisons comme un hub de transfert et de réception des bilans. Nous gagnons du temps sur la saisie, évitons les erreurs de copie manuelle et centralisons la donnée, disponible pour de la recherche médicale par exemple. Nous conservons cependant le contact oral pour éviter toutes erreurs », explique Luc Baudelot, cadre de santé au SAMU 35, SMUR et CESU du CHU de Rennes. Le mécanisme est simple : faciliter la prise en charge des victimes en gagnant du temps sur la transmission, via la désintellectualisation des étapes administratives.

 

UNE INTERFACE POUR OPTIMISER LE PARTAGE DE DONNÉES

 

Pour simplifier l’interopérabilité, la plateforme s’accommode aux différentes pratiques et outils métiers. « Il y a a minima autant de camions de pompiers qu’il y a de casernes. Nous n’avons souvent que le rouge en commun », cette phrase avait pour but de mettre en avant le fait que nous avons travaillé sur le bilan au format XABCDE avec TILDEV tout en se basant sur le référentiel de la FNSPF ce qui a pour but de justement disposer d’un format de bilan duplicable potentiellement à tous les SDIS.

 

Cette volonté de développement d’une solution duplicable a été un axe d’effort tout au long du processus, s’amuse le capitaine du SDIS 53. « Le professionnel saisit son bilan qu’il peut optimiser grâce à des onglets organisationnels choisis en amont selon sa méthodologie (XABCDE ou NRC, par exemple, ndlr) », éclaircit Simon Pedrono. « Au SAMU, nous recevons une notification dès qu’un bilan est pré-renseigné. L’avantage, c’est que l’on peut l’intégrer rapidement en PDF ou copier-coller dans notre outil de régulation, Centaure 15, sans perte de temps », ajoute M. Baudelot. Une fois l’arrivée aux urgences, les informations peuvent être téléchargées via un code sécurisé en format PDF, quand l’IAO n’y a pas déjà eu accès via sa connexion au fil de l’eau.

 

PROTECTION JURIDIQUE

 

L’intérêt d’une telle innovation est outre la télétransmission de la donnée, sa sécurisation. La société fait appel à des prestataires agréés HDS et SOC4 en matière d’hébergement. Syopé s’est entourée d’une équipe juridique et informatique qui opère une veille technique quotidienne en la matière. « L’ensemble des informations que l’on envoie sur le terrain est chiffré et notre hébergement est souverain et français, ce qui est très important pour nous », explique M. Pedrono. Pour consulter les archives, des administrateurs disposent d’accès favorisés et peuvent en cas de besoin, revenir sur les bilans de manière datée et chronologique.

 

Sur sa lancée, TILDEV souhaite continuer l’accompagnement des professionnels en grossissant son équipe, aujourd’hui passée à huit. « Mes collaborateurs font un travail colossal pour faire de l’informatique un outil d’extraction de l’administratif et d’optimisation de l’humain. Nous sommes très impliqués dans l’écoute utilisateur. Nous allons régulièrement sur le terrain pour approfondir les biais d’utilisation de la solution », confit Simon Pedrono. « La victime reste et restera notre priorité, l’outil n’est qu’un moyen pas un but », conclut, avec justesse, M. Breny.

 

Carla Bernini

 

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