AMA, le futur de la téléexpertise

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Crédit photo DR

Aujourd’hui, la téléexpertise est un véritable enjeu pour l’ensemble de l’écosystème de la e-santé. Après la télémédecine et la téléconsultation, pouvoir mettre en relation deux experts par écran interposé pourrait apporter de nombreux avantages au sein des hôpitaux, notamment dans les blocs opératoires, mais aussi dans des situations d’urgence, au quotidien. C’est ce que permet la solution XpertEye d’AMA.

 

UNE SOLUTION DÉVELOPPÉE AU CŒUR DE L’URGENCE

 

« Il est impératif d’innover dans l’analyse du risque, qu’il s’agisse de la gestion d’une opération, du suivi de l’évolution d’un sinistre ou pour pouvoir anticiper une montée en puissance », explique Ludovic Lenglez, commandant adjoint de groupement opérationnel au SDIS 34. Habitué à intervenir dans l’urgence, pour lui, interagir par l’image et le son est un atout majeur, voire indispensable pour « sécuriser l’opérationnel et apporter la meilleure réponse au citoyen. »

 

Dans son cas, la rencontre avec AMA s’est faite à l’École Nationale Supérieure des Officiers de Sapeurs-Pompiers (ENSOSP) d’Aix-en-Provence. Il explique le fonctionnement de cette visiorégulation en détail : « Avec XpertEye, on a recours à des caméras de levée de doute, pilotées depuis le centre opérationnel. AMA apporte un afflux d’informations audiovisuelles dès la prise d’appel d’un citoyen dans une situation d’urgence ».

 

A titre d’exemple : « prenons une situation où une personne s’est coupée le doigt. Celle-ci peut appeler un régulateur du SAMU, qui, s’il le souhaite, envoie un SMS. En cliquant dessus, le patient lance une vidéo sur son smartphone et l’opérateur visualise à distance la zone cible, zoome sur la blessure et peut même dessiner dessus pour évaluer la situation extrêmement rapidement. Il peut également expliquer les premiers gestes à effectuer au patient, voire mobiliser une équipe ou du renfort si nécessaire », précise Ludovic Lenglez.

 

« Depuis nos débuts en 2015, la visiorégulation a gagné ses lettres de noblesse aux urgences, constate Thomas Waendendries, VP Sales et Marketing pour le groupe AMA. Les professionnels se sont appropriées cette méthode et la soutiennent désormais. Cette technologie est marquée du sceau des médecins, ce qui contribue à son expansion. » Il faut dire que l’utilité est triple. L’outil permet à la fois d’évaluer la nécessité de déclencher une intervention, de définir précisément les équipes à envoyer. Et, s’il est utilisé au cours du trajet de retour vers l’hôpital, le médecin régulateur dispose alors de plus d’éléments de suivi pour mieux préparer l’arrivée du patient.

 

VERS LE DÉVELOPPEMENT DE LA TÉLÉEXPERTISE

 

Pour le professeur Eric Vibert, chirurgien à l’hôpital Paul-Brousse et responsable de la chaire innovation BOPA (Bloc Opératoire Augmenté), le contexte actuel favorise le recours à la téléexpertise : « Aujourd’hui, la télémédecine et la téléconsultation sont bien installées en France. A tel point que ces actes sont remboursés par la sécurité sociale. La téléexpertise semble en prendre le chemin. » La chaire BOPA s’inscrit dans ce contexte. Créée il y a deux ans, elle travaille sur deux niveaux différents : une partie liée à l’humain, avec de l’anthropologie autour du bloc (nécessité de développer de nouveaux métiers, outils de communication) ; et une autre axée sur le numérique, et notamment l’augmentation du bloc opératoire par la vue, l’odorat et le toucher. « Au sein d’un bloc opératoire, une solution comme XpertEye peut avoir un véritable impact en proposant d’améliorer l’écosystème du bloc opératoire au sens large, via la téléexpertise », précise Eric Vibert.

 

En effet, le professeur est actuellement en phase de développement de nouvelles fonctionnalités avec AMA. Au-delà de filmer une opération chirurgicale, donc de transférer de l’image et du son, les futures innovations se portent sur de nouveaux devices comme ce casque doté de deux caméras (pour les plans larges et les plans serrés), qui sera présenté lors du salon HIT 2022. Le groupe travaille également sur l’adaptation aux lumières scialytiques (lumières fortes du bloc opératoire). Des modules sont aussi en développement, comme la possibilité d’arrêter une image, de dessiner, de zoomer ou d’en modifier le contraste et la luminosité. « Chaque fois, nous adaptons le software au hardware, précise Thomas Waendendries. C’est ainsi par exemple, que nous sommes parvenus à proposer du multiflux au bloc. Il est désormais possible de visualiser une image en endoscopie en même temps que les gestes du chirurgien transmis par la caméra de ses lunettes connectées ainsi que les images d’une colonne de célioscopie ou échographe. »

 

Aujourd’hui, plusieurs expérimentations ont été conduites entre l’hôpital Paul Brousse et l’hôpital Cochin, mais aussi avec un établissement à plusieurs milliers de kilomètres, le LINO, au Maroc. Ce dernier test a été effectué dans le cadre d’un programme de transfert de compétences entre un chirurgien en France et un chirurgien au Maroc pendant une opération du foie. « XpertEye est à la fois un outil utilisable en local, comme dans le cas du SAMU, mais aussi à l’international », précise Eric Vibert. Et d’ajouter que « cette manière de partager de l’image et du son est un soutien inestimable à la formation, en France ou à l’étranger ».

 

Qu’il s’agisse d’une situation de crise, d’une urgence médicale aux côtés du SAMU, ou bien du développement de la téléexpertise dans des établissements axé sur l’innovation, la solution d’AMA semble apporter une véritable nouveauté : celle de permettre à deux utilisateurs d’interagir simultanément avec un flux de données audiovisuelles. Cette innovation, qu’elle soit utilisée en contexte d’urgence ou non, favorise à la fois l’opérationnel, en situation d’urgence, et la formation, en situation de téléexpertise. Le tout, sans qu’aucune donnée ne soit conservée après l’échange. « Nous transportons la donnée mais ne la sauvegardons pas, tout est restitué au client », assure Thomas Waendendries.

 

Prochaine application à suivre : AMA participera à la prochaine Route du Rhum qui partira en octobre afin d’assister à distance les skippers pour d’éventuelles interventions chirurgicales ou d’assistance technique.

 

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