Dosimétrie : vers une approche en temps réel

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Dans le domaine de la radioprotection, la réglementation évolue régulièrement. La France a transposé le 4 juin 2018 la directive 2013/59/Euratom du 5 décembre 2013. Cette transposition permet à des technologies d’avenir, d’améliorer les connaissances en matière d’exposition aux rayonnements ionisants.

 

Des mesures en temps réel

 

Aujourd’hui  les mesures de radioprotection effectuées sur les personnels exposés aux rayons X et Gamma, et devant accéder en zones délimitées sont réalisées grâce à des dosimètres portés par chaque travailleur.

Il existe des dosimètres à lecture différée et pour les personnels entrant dans les zones contrôlées, des dosimètres à lecture directe dit dosimètres opérationnels.

Pour les dosimètres à lecture différée, les résultats ne sont connus qu’après envoi dans un laboratoire et développement par ce dernier soit… jusqu’à 4 mois plus tard !

 

Dans les grandes installations nucléaires ces dispositifs sont complétés par des systèmes implantés dans les locaux, qui donnent en temps réel les valeurs des doses.

Ces équipements ayant un coût élevé n’équipent pas les installations dans le domaine de la santé.

 

Et pourtant la notion d’analyse en temps réel est indispensable. « C’est ce qui permet de réagir en fonction des différentes activités des travailleurs », note Marc Ammerich, ingénieur en radioprotection et ancien inspecteur nucléaire au CEA (Commissariat à l’Energie Atomique et aux énergies alternatives). « Il est possible de savoir immédiatement si on approche d’une source de rayonnements importante et de mettre en lien ces pics d’exposition avec le type  de produits radioactifs, le type de personnel exposé et la présence ou non de patients », ajoute Gaël Patton, président d’Icohup.

 

Et c’est ce que propose justement la société Icohup avec sa solution Rium. Fixes ou mobiles, ces capteurs enregistrent en temps réel les doses d’exposition dans tous les locaux.

Les données sont ensuite enregistrées en continu sur un portail web, permettant une supervision fine (cartographie, historique, cf ci-contre). « C’est primordial pour assurer l’un des grands principes de la radioprotection, détaille Marc Ammerich. Celui de l’optimisation : soit le maintien au plus bas possible des doses d’exposition individuelles et collectives ».

Sécurité, formation et économies

 

En cas de dépassement des seuils, une alerte est générée sur la plateforme (et à terme, un système sonore et lumineux s’activera sur le capteur). Au centre de médecine nucléaire Georges Charpak (Quimper), ce système a permis de fermer des zones à risque dans certains cas ou de suivre les flux de contamination liés au déplacement des patients. « Cette lecture active des doses est un facteur très rassurant pour le personnel, souligne Cyril Leleu, radiophysicien de l’établissement. Le fait d’avoir une moyenne d’exposition ne nous donnait pas le détail de notre activité. Désormais, nous voyons les problèmes en direct ».

Un atout puissant également en termes de formation des équipes. La lecture active donne des clés pédagogiques pour apprendre aux conseillers en radioprotection à utiliser certains principes (respect des distances, présence d’écrans de protection, limitation du temps d’exposition…).

 

Et ces avancées ne nécessitent pas pour autant un investissement démesuré. A l’achat, les capteurs sont déjà compétitifs. Au cours de leur utilisation, leur facilité de connexion (bluetooth, USB, 3G, 4G, wifi) n’ajoute pas de coût superflu.

La solution des capteurs Rium a de quoi séduire les établissements de santé en matière d’analyse en temps réel des doses de rayonnements dans les locaux, non seulement pour compléter l’obligation de port des dosimètres personnels mais également de permettre une gestion plus efficace pour le suivi et la gestion de plusieurs sites.

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