Création d’un écosystème de santé et collaboration des ESPIC

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JF Goglin Conseiller national SIS FEHAP

Du parcours de vie à la coordination

Au cours de sa vie, le citoyen-usager-patient, sa famille et ses éventuels aidants, oscille entre son domicile, la ville, et les établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux. Capitaine de sa propre santé, expert grâce à internet, il attend un véritable service dont il mesure l’efficacité grâce à l’expérience patient, qu’il note sur les réseaux sociaux.

De nombreux intervenants vont contribuer à sa santé, qu’il s’agisse de prévention, de bien-être, ou de prise en charge. Ce parcours se transforme en un modèle dont le domicile constitue le cœur, notamment en matière de prévention et de détection.

Ce parcours de vie va nécessiter une parfaite coordination de l’ensemble des acteurs. Le digital est l’outil qui va permettre cela.

La coordination engendre des écosystèmes de santé

Mais la coordination ne sera possible qu’en franchissant les différents paliers de maturité…

Le premier niveau consiste à capitaliser sur des connaissances et des bonnes pratiques. Ces bonnes pratiques étant établies et reconnues, il sera alors possible de les mutualiser avec d’autres établissements. Ce partage de bonnes pratiques peut permettre la réalisation d’activités communes, notamment via une structure juridique adaptée. Pour autant, la coopération ne permet pas d’atteindre la coordination s’il n’y a pas de vision commune, de désir de travailler ensemble et de volonté de cocréation. Il s’agit alors du palier de collaboration, à partir duquel la coordination deviendra possible. A ce stade, l’ensemble des acteurs partage la même vision, communique et contribue à la santé du citoyen-usager-patient, de sa famille et de ses aidants.

De fait, grâce au digital, les établissements peuvent s’organiser en « écosystèmes de santé », contribuant au parcours de vie du citoyen-usager-patient, chaque écosystème répondant à un type de parcours ou à une prise en charge spécifique (écosystème gériatrique, écosystème dénutrition, télémédecine…). On obtient ainsi un maillage territorial plus souple, mieux adapté, moins coûteux car basé sur des mutualisations, mais également plus efficace pour s’intégrer au parcours de vie, en s’appuyant sur son barycentre, le domicile, nouvelle pierre d’angle de la prévention.

Pas d’écosystème sans urbanisation de son système d’information

Le virage ambulatoire, la mutualisation, la création d’écosystèmes de santé, la télémédecine, la e-santé, l’irruption des objets connectés, les GHT, créent une dynamique de transformation. Par ailleurs, le citoyen-usager-patient, devenu expert et capitaine de sa santé, utilisateur averti du digital, impose aux établissements de maîtriser leur e-réputation, ainsi que la fourniture de services différenciateurs, personnalisés.

Le système d’information doit donc être urbanisé, c’est-à-dire organisé dans le respect des investissements réalisés, et agile de sorte à facilement intégrer de nouveaux composants, à l’état de l’art de l’interopérabilité, de l’intermédiation et de la sécurité.

Les bouquets de services du digital induisent une logique de plateformes

Sous la pression de l’expérience patient, la transformation digitale impacte profondément le système d’information des établissements ou des structures de santé. Nous entrons dans la logique des plateformes, coordonnées entre elles, un service proposé étant dorénavant systématiquement associé à une plateforme. Les données produites par ces plateformes seront stockées dans le Cloud, facilitant leur rapprochement, dans le respect des exigences réglementaires telles que le RGPD.

L’intermédiation, la clé de la coordination

C’est grâce à l’intermédiation que les différentes plateformes, s’assembleront, au fil du parcours de vie, en passant par des points d’accumulation et d’articulation territoriaux.[1]

C’est l’intégration du domicile, de la ville, du sanitaire, du social et du médico-social, dans une logique de collaboration qui est la clé d’un système de santé digital fluide et efficient.

Vers un système co-construit, à l’intelligence maîtrisée, le défi de l’ESPIC du 21e siècle

Vous l’avez compris, il n’y a plus d’avenir pour un SIH, hospitalo-centré, replié sur lui-même. Vive le SI Digital, coconstruit, maîtrisé avec l’aide d’intelligences artificielles et de robots au service de l’Homme, au sein d’organisations plus transverses, en réseau, au service d’un parcours de vie, aux facettes scintillant chaque jour différemment.

C’est le challenge que relèvent les 4600 établissements de la FEHAP, basé sur l’innovation et l’engagement au service des autres. Complémentaires aux GHT, qui relèvent du secteur public, les écosystèmes déjà créés s’ancrent dans le paysage de la Santé, au service de l’Homme dans ce qu’il a de plus fragile.

Conclusion

Les établissements ESPIC sont convaincus que le Digital doit permettre de bâtir un monde plus accessible, réduisant l’exclusion et donc plus inclusif, respectueux de la richesse et de la diversité de tous ses citoyens-usagers-patients, de leurs familles et aidants, dans lequel tout un chacun aura sa place et sera plus heureux.

« L’intelligence est la capacité de s’adapter au changement » Stephan Hawking 1942-2018

[1] Voir « La Transformation numérique du parcours de vie » par FEHAP et Syntec Numérique.

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