Tunstall Vitaris enrichit son offre avec la santé connectée

0
473

Filiale de Tunstall Healthcare, fondé en 1957 au Royaume-Uni, Tunstall Vitaris est aujourd’hui le leader de la téléassistance en France, avec plus de 145 000 abonnés. SIH-Solutions est allé à la rencontre d’Alain Monteux, président, et de Gilles Lucat, nouveau directeur développement santé, pour s’entretenir avec eux de leur groupe, et de ce que le développement de la santé connectée peut apporter à leurs clients.

SIH Solutions : Bonjour, pouvez-vous pour commencer nous présenter votre groupe ?

Alain Monteux : Tunstall Vitaris France appartient au groupe Tunstall Healthcare. Tunstall Healthcare, c’est 60 ans d’expérience, 2450 employés présents dans plus de 38 pays, et 260 millions de chiffre d’affaires. En France, c’est 115 employés et plus de 15 millions de chiffre d’affaires. Le groupe s’est développé par rachat de sociétés dans différents pays, en faisant l’acquisition à chaque fois de savoir-faire nouveau. En France, le groupe a racheté deux sociétés. Une première, Biotel, qui fabriquait du matériel de téléassistance, et une société qui faisait de la téléassistance pour les personnes âgées et handicapées, Vitaris. A mon arrivée au sein du groupe, en 2013, nous étions 50 personnes et avions 78 000 abonnés, contre plus de 145 000 aujourd’hui.

Nous avons deux métiers bien distincts, la téléassistance et la santé connectée, et un troisième qui émerge aujourd’hui, les services connectés, qui vont faire converger ces deux métiers initiaux. Nos systèmes s’adressent au domicile, au sens large. Il peut s’agir aussi bien du domicile privé que des résidences sénior ou résidences médicalisées (EHPAD, cliniques, hôpitaux). La tendance du marché aujourd’hui est de faire converger tous ces aspects. Une personne âgée peut avoir 2, 3 maladies chroniques, et a des besoins de suivi. D’une logique de prestataire, fournisseur de téléassistance ou d’appel malade, nous sommes passés à une logique intégratrice, ou nous fournissons une solution complète.

SIH Solutions : Avec les nouveaux outils, les nouvelles technologies présentes aujourd’hui, la transformation numérique, vous sentez-vous prêts pour la santé connectée ?

Alain Monteux : Comme je l’ai dit plus tôt, la croissance du groupe se fait par le rachat de sociétés dans de nouveaux pays, et ainsi l’acquisition de nouvelles technologies ou nouveau savoir-faire. Quand le groupe a racheté une société en Australie, elle était forte en santé connectée. En Allemagne, la société rachetée était forte en appel malade. En France, c’était la téléassistance. En faisant communiquer ces différents systèmes, nous avons eu une problématique interne d’interopérabilité. Aujourd’hui pouvoir communiquer avec des systèmes externes n’est donc pas problématique.

Aujourd’hui, énormément de start-ups proposent tous les jours des nouvelles technologies, des nouveaux outils connectés, mais qui ne communiquent pas entre eux. Notre métier à nous, est de faire le tri parmi toutes ces nouvelles technologies proposées, et d’être capable d’aider à l’interopérabilité, et n’avoir plus qu’une seule vision client.

En comparant avec d’autres pays du groupe, que ça soit le Royaume-Uni, l’Espagne, ou les pays nordiques, on peut se rendre compte que la France a du retard dans le domaine. Dans ces pays, on peut recevoir des appels d’offres, alliant téléassistance et santé connectée, alors qu’en France nous en sommes encore aux balbutiements du secteur. Le recrutement de Gilles aujourd’hui va nous permettre de développer des solutions sur la santé connectée, et de faire en sorte que ces solutions s’intègrent à celles déjà présentes ; pour garder l’idée de convergence.

SIH Solutions : Comment comptez-vous impliquer le secteur paramédical dans la santé connectée ?

Le secteur paramédical, qu’il s’agisse de distributeurs de matériel médical, de pharmacies, d’infirmiers, tous sont aujourd’hui des personnes qui connaissent nos produits traditionnels de téléassistance, qui les distribuent et les recommandent au quotidien. Ce sont justement ces personnes là qui nous font remonter des besoins patients, notamment pour le relevé ou suivi à domicile des données de santé. Travailler avec eux sur ce sujet nous paraît donc naturel.

Par exemple, l’une des premières choses que nous avons mise en place en Espagne est un kiosque connecté en pharmacie. Ce kiosque permet de se peser, prendre sa tension, prendre son diabète, ou d’autres constantes, et de garder les données pour soi, en en parler directement avec le pharmacien.

SIH Solutions : Comment voyez-vous le développement de la santé connectée au sein du groupe ?

La santé au sein du groupe est pilotée à l’échelle européenne. Nous avons un comité de suivi, avec des experts au sein de chaque pays, et les développements et améliorations sont ensuite adaptés selon les pays et les réglementations.

L’intérêt majeur d’être un groupe international, c’est le transfert de technologie. En rachetant des sociétés déjà avancées en santé connectée nous avons acquis un savoir-faire que nous pouvons décliner dans d’autres pays, en nous adaptant à chaque fois à la réglementation et au marché. Nous avons développé une suite avec des applications mobile et tablette, qui permettent à la fois au patient, ainsi qu’aux différents soignants et aides-soignants d’avoir un suivi des résultats du patient, et de pouvoir en parler directement. Cet outil étant déjà développé, quand nous le déclinons dans un nouveau pays nous n’avons pas de nouveau développement à faire, nous devons simplement l’adapter pour répondre à la demande, ce qui prend bien moins de temps que le développement initial.

Gilles Lucat : Nous devons aussi nous adapter au client. Le paramétrage de l’outil va être différent s’il s’agit du domaine hospitalier, ou d’une infirmière itinérante par exemple. En France, la santé connectée s’inscrit avant tout dans le parcours de soins. L’objectif, c’est de pouvoir partager de manière simple et sécurisée les données avec l’ensemble des acteurs du patient, qu’il s’agisse du médecin traitant, de l’aide-soignant, des spécialistes, du pharmacien, de tous les acteurs en lien avec le patient. La solution doit s’adapter au besoin et surtout à l’usage de chacun.

Alain Monteux : La particularité de Tunstall en e-santé, c’est que contrairement à beaucoup nous ne venons pas de la technologie. Nous venons du social, avec la téléassistance. Ce point peut être très intéressant pour les clients. Pour les hôpitaux par exemple, lors d’une sortie d’hôpital, il faut préparer le domicile et la personne, avec notamment des systèmes de sécurité de la personne et de sécurité du logement. Nous pouvions le faire, mais il nous manquait une brique. Après la sortie d’hôpital, il faut pouvoir en plus de ça réaliser un suivi de certaines données de santé. En renvoyant un patient chez lui, un chirurgien a besoin d’avoir l’assurance d’un bon suivi, car la responsabilité du patient est sur ses épaules. Demain, nous pourrons intégrer nos solutions dans un outil centralisé, et réaliser un suivi complet. En faisant converger le social et le médical, nous permettons au patient de rester chez lui sans avoir besoin de retourner à l’hôpital pour de simples suivis, et nous lui simplifions ses interactions en lui proposant une solution complète.

Aujourd’hui, avec nos équipes de téléassistance, nous avons déjà un pied au domicile des personnes. Nous avons des équipes formées pour communiquer avec les patients, interagir avec eux, et prendre les bonnes décisions. C’est un énorme atout pour étendre notre offre avec la santé connectée. Avec le téléconseil, nous sommes déjà en mesure aujourd’hui quand le patient nous appelle de le faire s’entretenir avec un médecin, ou un psychologue par exemple, pour le conseiller et l’orienter. Il n’y donc qu’un pas vers la téléconsultation.

SIH Solutions : Etes-vous en mesure de travailler avec des éditeurs de SIH, ou des hospitaliers ?

Gilles Lucat : Il y a une forte complémentarité entre le monde hospitalier et ce que nous proposons. Grâce au savoir-faire, à la maîtrise du domaine social de Tunstall, nous pouvons suivre le patient à son domicile après sa sortie d’hôpital, et enrichir le dossier médical hospitalier du patient, pour garder une continuité de l’information. Cette communication entre nos systèmes et les systèmes d’information hospitaliers est faisable, et dans l’intérêt du patient. Nous travaillons déjà aujourd’hui sur l’interopérabilité de nos solutions avec des éditeurs du marché, mais aussi sur l’intégration avec le Dossier Médical Partagé (DMP).

SIH Solutions : Avez-vous déjà une réflexion sur l’intelligence artificielle, la robotique ?

Alain Monteux : Pourquoi pas ; s’il y a une réelle utilité en termes d’usage. La robotique pour de l’accompagnement social ? Pour une assistance au relevé de données de santé ? C’est un développement qui reste aujourd’hui très cher, mais nous gardons toujours un esprit ouvert. Aujourd’hui, nous travaillons sur cette problématique dans le cadre de projets européens, nous étudions la question au stade prospectif.

Etant constructeur et éditeur de nos solutions, nous aimons l’innovation, mais avant tout l’innovation qui a du sens.

SIH Solutions : Pour conclure cet entretien, un petit mot de la fin ?

Nous sommes plein d’envie, plein d’ambition, plein d’espoir.  « En intégrant Gilles à nos équipes nous sommes persuadés que Tunstall Vitaris va s’attribuer une place légitime sur le marché de la santé connectée en France. Je sais que Gilles saura porter la convergence de nos solutions et nous offrir de belles opportunités de développement. » Alain MONTEUX – Président Tunstall Vitaris

Mais nous allons tout de même avancer en restant humbles ; les valeurs de notre groupe étant l’innovation, mais toujours en délivrant nos objectifs.

« J’ai décidé de rejoindre Tunstall Vitaris car c’est aujourd’hui le seul acteur en France qui couvre un spectre aussi large en offrant à la fois des solutions de téléassistance et de santé connectée. Ces solutions peuvent bien évidemment converger et apporter une solution complète face aux problématiques de vieillissement de la population et de mise en place de l’accès aux soins pour tous. » Gilles LUCAT – Directeur Développement Santé Tunstall Vitaris.

Laisser un commentaire