Télémédecine Financement

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Dr Arnault GrunerDr Arnault Gruber Médecin généraliste Groupe 5 MG à Colomiers.
Un feulement métallique parasite brutalement mon auscultation.
Sous les petits carreaux opaques de la fenêtre du cabinet, une Porsche vient de se garer.
Le clone aveyronnais de Georges Clooney s’en extrait et, enlevant son gant en agneau, me tend une main confraternelle.
Le cardio de Rodez!
Il vient consulter avec moi, sur ma demande, l’éleveur de Bessuejouls, à 20 bornes du village où j’exerce.
Ce paysan buté qui, a priori, a fait un infarctus et refuse de quitter ses Aubrac à l’estive.
Nous partons ensemble, dans sa 911 SC, sur les petites routes aveyronnaises, glissantes de feuilles de châtaignier, jusqu’à mon rustique patient.
Il confirme mon diagnostic clinique, me propose un traitement et un protocole de surveillance pour les 15 jours suivants, l’aveyronnais est robuste et merci à l’Hippocratique « natura medicatrix »!
Mon élégant spécialiste au « flat-six » m’apprend alors, que la nomenclature reconnait cette consultation conjointe et cote cet acte V1,5 pour le généraliste et Vs2 pour lui, le spécialiste, qui s’est déplacé, avec moi, au lit du malade.
1982, dans l’Aveyron, mon premier remplacement.
Aujourd’hui, les spécialistes libéraux ou hospitaliers overbookés ne se déplacent plus, sur demande du MG, auprès des patients. Même si cette consultation conjointe permettrait d’éviter le surcoût d’ un transport sanitaire et d’une hospitalisation non nécessaire pour un simple avis.
Les téléconsultations conjointes, qui répondent complètement à ce besoin de base du suivi médical et de santé publique, devraient bénéficier de la même cotation dans la NGAP, reconnaissant ainsi la formation spécifique nécessaire, la surcharge de travail spécifique à la réalisation de cet acte et enfin l’investissement dans le matériel le permettant .
Cette reconnaissance devant aussi s’appliquer à la nomenclature des paramédicaux, favorisant ainsi la coordination des soins et la délégation de tâches.
Tout commence par là!
Sans l’inscription à la Nomenclature Générale des Actes Professionnels d’une cotation dédiée et économiquement incitative, il ne peut y avoir un développement réel de la télémédecine qui, actuellement épuise les bonnes volontés dans de chronophages et démobilisantes expérimentations locales.
La solution est nationale et pas dépendante du bon vouloir des ARS.
Cette visibilité est aussi nécessaire pour que des entreprises nationales et/ou internationales, y investissent.
Des partenaires privés, comme celles déjà impliquées dans le secteur des télécommunications des fournisseurs d’accès crypté et d’espace de stockage sécurisé, comme le secteur de l’assurance de santé pour ses adhérents expatriés ou touristes, comme les majors du matériel informatique mobile, comme les start-up des logiciels ou des applications de connexion.
Pour qu’elles puissent proposer, des outils « plug and play » aux acteurs de santé en attente de solutions simples, facilement utilisables dans leur exercice quotidien.
Sans la mobilisation des médecins et des paramédicaux, le marché du « big data » de santé n’est qu’une promesse virtuelle.
La technique existe, son intérêt économique et de santé publique est démontré, les acteurs, médecins, paramédicaux, patients, structures de soins , investisseurs privés, sont en attente….il ne manque que la volonté politique!

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