3 QUESTIONS à : Stéphane Guillevin Directeur Délégué Groupe Hospitalier Bretagne Sud Port Louis-Riantec

by sih solutions novembre 08, 2018

-Les SIH sont un outil majeur des coopérations et mutualisation de l’offre de soins. Quels sont les enjeux des prochains mois ?

-Le développement de solutions IA est un objectif fixé par le Président de la République. Quels seraient les impacts à anticiper pour les établissements ?

-Quel est le rôle des manageurs de santé dans cette révolution numérique annoncée?

Chaque établissement de santé est autonome et dispose de la personnalité morale. A ce titre, il est donc libre de ses choix d’investissement, en respectant bien entendu le cadre règlementaire.

Il en va de même pour les systèmes d’information. En effet, il n’existe pas comme dans certaines administrations de l’Etat, une structure unique qui gère l’ensemble des applicatifs. Chaque établissement de santé possède sa propre infrastructure et en particulier sur les applicatifs métiers.

Le développement des coopérations et des mutualisations entamées depuis plusieurs années au travers des différentes réformes du système de santé (loi HSPT, mise en œuvre des GHT) s’intensifiera au regard des orientations prises par le Président de la République dans le cadre du Plan « Ma Santé 2022 » présenté en septembre dernier. Il est évident que la réussite de ces réformes passera par des outils interconnectés. Les échanges de données sont aujourd’hui indispensables qu’elles soient administratives ou médicales. L’interopérabilité des systèmes d’information est capitale et doit faire l’objet d’une attention particulière et les fournisseurs seront mobilisés sur ce sujet majeur.

Le progrès permanent sur les nouvelles technologies va obliger à une adaptation rapide de la part des professionnels, notamment l’Intelligence Artificielle (IA), dont les applications sont multiples. Les plans pluriannuels d’investissement devront tenir compte de l’accélération de celles-ci.

Il ne faut pas prendre de retard sur la robotisation dans les blocs opératoires au regard de la concurrence qui s’opère sur nos territoires entre les différents opérateurs, mais également envisager des modalités de coopération innovantes entre le secteur public et le secteur privé. Les mises de fonds s’avèreront importantes et ne pourront être supportées par un seul intervenant.

La crise qui touche la démographie médicale sera aussi un facteur d’accélération de l’intégration de solutions robotisées dans les services de soins. Elles pourraient être aussi, en encadrant leur déploiement, un facteur d’amélioration sensible des conditions de travail, par exemple en limitant les tâches de manutention.

Au-delà, il faudra vraisemblablement procéder au recrutement de nouveaux métiers pour accompagner l’IA au sein de nos établissements. La formation des professionnels, et pas seulement des membres des directions informatiques, sera un enjeu majeur et un virage à ne pas négliger lors de la construction des plans de formation continue. Les professionnels vont devoir faire preuve de capacités d’adaptation afin de faire face dans les meilleures conditions au progrès technologique.

Une fois tous ces enjeux délimités, les équipes de direction devront être partie prenante et jouer pleinement leur rôle de « chef d’orchestre ». Il faudra accompagner les professionnels qu’ils soient médicaux, soignants, administratives ou techniques. Chaque secteur sera impacté. Comme le virage ambulatoire s’impose à nos établissements, le virage des nouvelles technologies n’est pas aisé à franchir, qu’il conviendra de bien contrôler pour éviter les dérapages sur une route semée d’embuches.

 

Stéphane Guillevin
Directeur Délégué
Groupe Hospitalier Bretagne Sud
Port Louis-Riantec

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